MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

mercredi 29 août 2012

COMMENT J'ÉCOUTE LA MUSIQUE. OU: UNE PLONGÉE AVEC NIKOLAÏ MIASKOVSKY

Mise à jour du 24 septembre

1) UNE NOUVELLE PAGE D'HISTOIRE AU QUÉBEC
2) BABILLARD
3) NOUVELLES DU MONDE AUTISTE
4) COMMENT J'ÉCOUTE LA MUSIQUE. Ou: Une plongée dans l'univers de Nikolaï Miaskovsky


Pauline Marois
Voilà, c'est fait. Enfin. L'ère des Libéraux de Jean Charest au gouvernement du Québec est terminée - ère que j'ai trouvé franchement pénible sur tous les plans (floppée de taxes et tarifs régressifs, «réingénérie de l'État» avortée, neuf ans de désordres et de manifestations citoyennes contre des errements en tout genres, corruption mafieuse, etc.), et dont je me demande réellement ce que l'histoire pourra retenir de positif. Une nouvelle équipe, minoritaire, prend la relève, celle du Parti Québécois (centre et souverainiste) avec Madame Pauline Marois qui devient la première Première ministre du Québec. Je tiens à la féliciter. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Marois

Et je constate à nouveau que Madame Marois n'a rien de facile dans sa carrière politique. Pour mes amis hors Canada, sachez que le 4 septembre peu avant minuit, au Métropolis de Montréal où étaient rassemblés des sympathisants péquistes et alors que Madame Marois avait à peine commencé son discours de victoire, un fêlé a mis le feu et a tiré de la mitraillette: un mort et un blessé grave. Grâce à Dieu, son arme s'était enrayée: il allait commettre un vrai carnage et probablement assassiner notre Première ministre à peine élue. Il n'acceptait pas qu'un parti souverainiste reprenne le pouvoir au Québec. Nous en sommes là après des mois d'agitation sociale gracieuseté des Libéraux... pour lesquels 30% d'électeurs ont tout de même votés. Et chers amis, c'est nous, autistes, qui serions difficiles à comprendre? Rires!





BABILLARD

CONFÉRENCE À OTTAWA, POUR AUTISMONTARIO

Lundi 17 septembre, j'étais à Ottawa pour donner une conférence dans le cadre des activités du Programme Potentiel d'AutismOntario. Vraiment, j'ai été reçu comme un roi! Merci à tous et à toutes, en particulier à Marie et à Anne. Merci aussi à la Première chaîne de Radio-Canada à Ottawa et à l'équipe de l'émission Le monde selon Mathieu qui m'a reçu avant ma conférence. Vous pouvez entendre cette entrevue via le lien suivant:
http://www.radio-canada.ca/emissions/le_monde_selon_mathieu/2012-2013/chronique.asp?idChronique=244744


NOUVELLES DU MONDE AUTISTE:
LETTRE AU QUOTIDIEN LE DEVOIR, publiée le 1er août dernier

Je remercie Le Devoir pour avoir publié ce texte - sorte de mise au point «fièrement autiste, que vous pouvez consulter sur Internet:


COMMENT J'ÉCOUTE LA MUSIQUE
OU: UNE PLONGÉE DANS L'UNIVERS DE NIKOLAÏ MIASKOVSKY


Drapeau soviétique
Je me suis procuré la «chose» le 3 février 2012 et l'ai reçue par poste quatre ou cinq jours plus tard - oui, un achat via Internet: les disquaires qui l'ont à Montréal la vendent deux fois plus cher... Depuis, je n'en décolle pas! Il s'agit peut-être de mon achat discographique le plus «rentable» à vie. Cela fait donc quelques sept mois maintenant que je n'écoute presque exclusivement de la musique orchestrale de Nikolaï Miaskovsky! «Qui ça?!» Un compositeur russo-soviétique contemporain de ce cher Joseph Staline: ne vous avais-je pas dit il y a quelques temps que j'écoutais de la musique soviétique? C'était pour vrai.

Drapeau actuel de la Russie

Il faut dire qu'il y a de la substance derrière cette exclusivité: la «chose», le bel objet en question, est un coffret de 16 CDs, bien tassés - plusieurs flirtent avec les 80 minutes, pour 27 Symphonies et 12 autres pièces orchestrales. Oui, j'ai acheté une brique de 16 CDs d'un compositeur que je connaissais très peu, à peine plus que de nom. Je voulais vivre l'aventure de la découverte et, au final, j'ai découvert là une talle musicale d'une richesse inouïe. J'y reviendrai.


Depuis février dernier donc, je n'ai pas acheté d'autres disques, sauf ceux que m'a valu un petit certificat cadeau que j'ai reçu. Pas très «consommateur de culture». Eh non; et depuis février aussi, je suis allé deux ou trois fois au cinéma, à aucun concert ou pièce de théâtre... mais j'ai lu quelques livres. «Mon Dieu: est-ce que cela arrive à Antoine de sortir?». Votre sollicitude me touche. Tout de même, je suis allé en Suisse, et à Ottawa voir l'expo Van Gogh; et cet automne, j'irai à Sherbrooke et de nouveau à Ottawa. Vous voyez: je sors. À l'occasion.


La musique est ma vie, mais je vis très bien sans entendre de la musique: «Qui trop embrasse mal étreint». Dans Musique autiste, j'écrivais: «Depuis l’enfance, je n’écoute de la musique que dans des moments privilégiés : je suis tout entier à l’écoute dans le moment présent, ici et maintenant. Je n’ai jamais mis de musique pour étudier, pour lire ou pour créer un fond à d’autres tâches : ce sont pour moi des activités incompatibles [Je vous avoue tricher à l'occasion, mais rarement]. Des amis musiciens en sont étonnés, car eux écoutent de la musique en toute occasion. Je ne suis pas intoxiqué par la musique et peux vivre de longues périodes sans ressentir le besoin d’en écouter. Si être mélomane veut dire écouter beaucoup de musique et presque en tout temps, alors je ne le suis pas. Toute musique suscite mon éveil; aucune ne me fait peur. À l’écoute, je prends la musique comme elle est, comme elle vient, sans idée préconçue, sans juger, catégoriser, sans chercher des influences ou des références, sans voir des images ou lui accoler une histoire. Une écoute naïve en quelque sorte. Pour moi, il n’existe pas de musiques thérapeutiques et il m’est impossible de mettre mon esprit au repos lorsque de la musique joue. Même les musiques les plus planantes et conçues pour la relaxation me stimulent : j’y entends toujours tel beau trait, je suis attentivement les détails de son déroulement».


Dans mon enfance, cela se passait autrement. J'écoutais beaucoup de musique mais, déjà, je ne faisais alors que cela: «Tout petit, j’ai découvert les disques (en vinyle à l’époque) de mes parents avec beaucoup d’enthousiasme. Je pouvais passer des heures à les faire jouer, et juste les regarder tourner me transportait de bonheur. J’aimais tout particulièrement ceux d’Elvis Presley. J’écoutais la même chanson des dizaines et des dizaines de fois de suite. Dans une chanson, un court passage de quelques secondes pouvait tant m’exciter que je le refaisais jouer à rendre mes parents fous. Ils devaient mettre le holà, changer de disque ou carrément fermer l’appareil. C’est bien beau Money Honey, mais soixante fois en boucle exaspérerait même Elvis Wong! Mes parents m’ont offert mon premier disque à moi : L’Enfant et les sortilèges de Maurice Ravel. Ce fut aussi mon premier vrai contact avec la musique classique. Cette musique me fascinait même si, par moments, elle m’effrayait. Mais j’aimais jusqu’à cette frayeur! Tous les jours, vraiment tous les jours le disque tournait. C’était devenu une obsession au point que ma mère s’en est inquiétée : «Trop de musique te rend nerveux : il serait bon de prendre une pause pour quelques temps». Mais la pause fut de très courte durée et les disques ont continué à tourner, tourner, tourner. Cela ne me suffisait pas. Je prenais du carton, le découpais en forme de rond de la grandeur d’un disque, je dessinais des sillons, imaginais une étiquette avec le titre d’une nouvelle chanson : je faisais tourner ce disque en m’inventant la musique. Je me suis constitué une collection de tels disques».

Nikolaï Miaskovsky (1881-1950)
Une fois passée l'adolescence, cette quasi intoxication s'est transformée. J'ai la tête pleine de musique, celle que je me souviens d'autres compositeurs, mais surtout celle que j'invente: celle qui m'inspirera une pièce, celle aussi que je laisserai passer. Reste l'immersion. Essentiellement, j'écoute de la musique enregistrée en soirée, une heure gros maximun, toujours avec un casque d'écoute et Tibert sur mes jambes. Les yeux semi-fermés. Dans Musique autiste, j'écrivais: «... j’ai tendance à explorer le répertoire musical d’une façon systématique. Je consacre plusieurs semaines à un seul compositeur en m’immergeant dans son univers. À chaque occasion, j’écoute plusieurs fois les mêmes œuvres et me mets à la recherche du maximum d’informations sur ce compositeur. Cette préoccupation envahissante peut me rendre fébrile jusqu’à ce que je ressente une sévère fatigue nerveuse. Il en ira de même avec la composition». Voilà ce qui m'est arrivé avec Monsieur Miaskovsky!


Cathédrale Saint-Basile
Moscou
Et justement, comment sonne-t-elle sa musique? Si je peux me permettre une image, je dirais qu'elle est comme une sculpture de bronze. Il y a là une certaine austérité (relative), contrebalancée par une grande intensité et un souffle soutenu. Elle est héritière de la tradition symphonique russe du 19e siècle: Miaskovsky est donc un traditionnaliste. Mais sa musique n'est ni conventionnelle ni académique: certaines de ses symphonies pourraient d'ailleurs réjouir les amateurs d'expériences musicales «dérangeantes» (la Treizième, notamment, d'une austérité grandiose). Elle me fait penser au «réalisme magique» de l'art visuel. Privilégiant souvent des couleurs orchestrales graves, elle est presque totalement dénuée de sentimentalité, malgré des mélodies fermement caractérisées (et de magnifiques mouvements lents: écoutez un jour celui de la Neuvième, une beauté étrange qui m'émeut). Dans les livres, Miaskovsky est habituellement associé aux deux autres «géants» de la musique soviétique: Prokofiev et Chostakovitch. [Prokofiev n'avait que des sarcasmes pour ses confrères compositeurs, à l'exception de Miaskovsky dont non seulement il admirait la musique (pourtant très différente de la sienne) mais aussi avec qui il a entretenu une longue amitié jusqu'à la fin de sa vie]. En comparaison, sa musique est nettement moins dissonante et plus contrapuntique. Miaskovsky ne donne ni dans le cosmopolite ni dans l'ironie au deuxième ou troisième degré. Sa production me semble moins inégale que celles de ses collègues, et sa musique se distingue des leurs aussi par son aura spirituelle. La Sixième Symphonie se termine ainsi avec la citation d'un chant orthodoxe, et les «mélodies populaires» qui fondent sa Vingt-sixième sont en fait des cantiques religieux populaires. Eh oui: on peut trouver de la spiritualité, même profonde, dans la musique de l'époque stalinienne! Les symphonies de Miaskovsky possèdent une forme peu prévisible: elles comptent de un à cinq mouvements, et durent entre 13 et 65 minutes (40 minutes en moyenne, disons). À noter que la Dix-neuvième est conçue pour vents et percussions: ses deux mouvements centraux répondent au voeu de Jean Cocteau, «un orphéon chargé de rêve». 

Timbre à l'effigie de Jdanov

 Miaskovsky a reçu quelques Prix Staline durant sa carrière, mais il a pris garde de se tenir loin de la politique. Contrairement à Prokofiev qui a commis un Hymne à Staline (fort beau au demeurant) ou à Chostakovitch qui a accepté la commande du Tsar rouge pour la musique de films à forte teneur en propagande, Miaskovsky a très peu chanté la gloire du régime. On trouvera bien sa Douzième Symphonie, dédiée aux travailleurs des fermes collectives (avant que le compositeur apprenne comment la collectivisation des terres s'est faite... - et malgré cela, une musique euphorisante conçue par un maître-orfèvre!), ou la Seizième* en hommage à l'aviation soviétique, c'est à peu près tout dans les 87 numéros d'opus qu'il a laissé. En fouillant davantage, on trouvera aussi trois Chants de l'aviation soviétique et deux marches militaires, mais ces pièces furent publiées sans numéro d'opus, ce qui montre que leur auteur ne leur attribuait pas grande importance. Peut-être est-ce cette distance qui lui a valu d'être condamné publiquement en 1948 pour «formalisme» par Andrei Jdanov, le ministre soviétique de la culture, avec, il est vrai, plusieurs autres compositeurs dont les deux nommés précédemment (cela dit en passant, Jdanov fut néanmoins un héros de guerre face à l'envahisseur nazi: c'est lui qui a organisé sur place la résistance lors du terrifiant siège de la ville de Leningrad / Saint-Petersbourg). Alors que tous ces musiciens allaient confesser publiquement leurs «erreurs» et admettre la justesse des critiques du Parti, Miaskovsky restera le seul à s'en ficher totalement. Il est vrai que sa santé était chancelante: un cancer allait l'emporter peu après, et il était occupé par ses dernières pièces ainsi que par la mise en ordre de ses manuscrits.


* Les symphonies de Miaskovsky ne sont pas des oeuvres à programme, du moins explicitement. Cette Seizième, rayonnante comme un soleil, joue sur trois registres: 1) la vaillance, l'intrépidité, le goût de la conquête; 2) la légèreté de l'air et du vol; 3) la tragédie possible qui plane encore sur l'âge héroïque de l'aviation (ici: 1936) - l'impulsion initiale de l'oeuvre ayant été le décès de l'équipage d'un avion expérimental, le Tupolev ANT-20.
Ces registres entremêlés, dans cette symphonie de même que dans les autres aussi, donnent à la musique une richesse, une complexité rendant gratifiantes des écoutes répétées.

Miaskovsky a aussi détruit toutes ses notes personnelles de même que son journal intime. On ne lui connait aucun amour (ni homo ni hétéro): c'était un homme secret et, ceci ajouté à la qualité émotionnelle particulière de sa musique, me fait croire qu'il était Asperger! Comme la musique de plusieurs autres merveilleux compositeurs du 20e siècle, elle est peu jouée aujourd'hui: je ne me rappelle pas qu'un orchestre montréalais ait joué une seule de ses symphonies depuis 30 ans - alors qu'on se tape annuellement des intégrales Beethoven! Quel gaspillage. Que j'aurais du plaisir, être chef, à diriger ces splendeurs!

Iconostase d'une église russe
Comment alors écouter une musique si riche sans lui porter attention? Une musique qui gagne à des auditions répétées? J'ai donc écouter les 16 disques dans l'ordre, quelques fois chacun; leur ordre ne correspondant pas à l'ordre chronologique des symphonies. Puis, j'ai réécouté le tout, mais cette fois chaque symphonie en ordre chronologique - et à nouveau, quelques fois chaque symphonie (en m'attardant tout spécialement aux quelques-unes que j'avais moins appréciées). J'en suis toujours à cette étape! Précisément à la Dix-septième. Et il me semble que je n'ai pas encore fait le tour de cet univers. Vous me direz: «Mais c'est maniaque!», et vous aurez un peu raison! Cependant, comment déguster autrement les détails de ces oeuvres qui m'étaient inconnues il y a peu? Avec une écoute distraite, comment contempler les sonorités du célesta dans la Sixième Symphonie? Comment admirer les sonorités ensorcelantes de la Septième; cet accord initial qui semble venu du bout du monde, ou cette intervention magistrale du tuba à 5'30 de la plage 2 du disque 4? Ces collisions harmoniques tectoniques à 1'39-1'49 du premier mouvement de la Huitième, et cette intervention sublime de la trompette avec sourdine à la fin du même mouvement? Ces clapotis lunaires et furtifs des clarinettes à 1'14 du début de la Douzième? Ce hurlement étranglé des cors bouchés, à glacer le sang, à 14'52 du premier mouvement de la volcanique Dix-septième? Comment faire danser son esprit sur la vive mesure à 7 temps du deuxième mouvement de la Huitième? Comment participer au processus qui fait basculer l'immense deuxième (et dernier) mouvement de la Troisième d'un thème cinglant et haché vers une superbe musique funèbre (les dix dernières minutes de l'oeuvre)? Comment noter que les puissantes gradations du premier mouvement de la Quatrième naissent du silence à partir du seul intervalle de seconde confié à une flûte solo? Comment saisir qu'après les Vingt-cinquième et Vingt-sixième (peut-être les plus belles à mes oreilles), la Vingt-septième vient fermer ce livre magnifique en empruntant à la toute Première non seulement sa tonalité (do mineur) mais sa coupe formelle en trois mouvements? Etc., etc., etc... Oui, comment pouvez-vous entendre cela lorsqu'en même temps vous êtes plongés dans le dernier roman de Ken Follett?!

Et le coffret offre 12 autres oeuvres orchestrales valant leur pesant d'or, depuis le délicieux Concertino lirico jusqu'à l'apocalyptique poème symphonique Silence (titre paradoxal)... Quelle merveille! Petite remarque critique pour qui voudrait se risquer dans l'aventure. Les notes informatives sont pour le moins minimalistes: une seule petite page sur Miaskovsky! Si vous désirez en savoir davantage (et il n'y a pas grand chose sur le compositeur en français), je vous suggère ce lien:


Ou celui-ci, en anglais:


Evgeni Svetlanov

Dans ce livret, il se trouve aussi plusieurs erreurs dans les titres des pièces. Des critiques ont répété que le coffret ne contenait pas la Symphonie #18. Chers Yeux de Lynx! Oui, elle est là, sur le disque 11, mais elle est identifiée comme «Symphonie #8»; vous n'avez pas remarqué qu'il y a «deux» Symphonies #8? La Symphonie #23 n'est pas identifiée avec ce titre, mais avec son seul sous-titre Symphonie-Suite (disque 10). Etc. Sur le site où j'ai acheté le coffret, il était mentionné que certains critiques ont jugé la prise de son «inégale». Les Symphonies 3, 19 et 22 ont été enregistrées alors que l'orchestre se nommait «Orchestre symphonique de l'URSS»; toutes les autres l'ont été dans les années 1990, avec le même orchestre dorénavant appelé «Orchestre symphonique d'État de la Fédération de Russie». L'inégalité ne vaut en fait que pour la Troisième - et encore, c'est tout à fait correct. «Ancienne», la prise de son de la 22e est irréprochable: les cordes, notamment, sont extrêmement chaleureuses et, à 7'19 du début, on entend la plus belle sonorité d'un cor soliste qu'il est possible d'imaginer.  En définitive, la prise de son est parfaitement naturelle et, s'il y a des micro-défauts dans cette somme discographique, l'implication du chef et de ses musiciens ne fait en rien regretter l'approche aseptique qui semble la norme depuis. Car quel bel orchestre, avec ses couleurs variées, allant d'un son rauque jusqu'au raffinement complet selon l'expression.

Je termine en vous suggérant ce site très intéressant au sujet du maître d'oeuvre de ces enregistrements, le génial chef russe Evgeny Svetlanov (1928-2002). La rumeur veut que, dans le chaos post-soviétique des années 1990, il ait financé de sa poche une bonne partie du cycle Miaskovsky: voilà un Homme, et un vrai artiste. Chapeau.

SOURCE DES IMAGES: WIKIPÉDIA