MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

dimanche 18 mars 2012

Violoncelle et piano: Sonate boréale / Partition gratuite

SONATE BORÉALE

Voici la partition complète de la Sonate boréale, la deuxième de mes trois sonates pour violoncelle et piano.  Cette oeuvre a été composée de 1980 à 1982, révisée en 1990, retouchée et préparée pour la présente édition en 2011, en prenant son titre définitif (qui remplace donc le banal Sonate #2 sous lequel elle a été connue jusque là).

Pour l'écouter:
 https://www.youtube.com/watch?v=kTnm8pTyWZk
La partition complète est de 42 pages, et la partie séparée de violoncelle en compte 12. J'invite les violoncellistes, les pianistes, les amoureux de musique de chambre et quiconque est intéressé à télécharger GRATUITEMENT le matériel, via les liens suivants:
Score:
https://www.dropbox.com/s/m2e9xjygtoxt0zu/Sonate%20bor%C3%A9ale.pdf?dl=0
Partie de Violoncelle:
https://www.dropbox.com/s/4jstxmtw44600we/Sonate%20Bor%C3%A9ale%20%28violoncelle%29.pdf?dl=0

La Sonate boréale dure environ 24 minutes. Elle est d'un degré de difficulté de 7/10.

N'oubliez tout de même pas que cette pièce est:
(C) Antoine Ouellette, 1980-82 / 2011.
Si elle est jouée en concert public payant, elle doit faire l'objet d'une déclaration SOCAN (SODRAC si elle est enregistrée).
Si vous désirez une impression de calibre professionnel de la partition, je vous invite à contacter le Centre de musique canadienne à Montréal:
416, rue McGill, Montréal, QC, H2Y 2G1
T: +1 514-866-3477 / F: +1 514-866-0456 / quebec@centremusique.ca

Note: le deuxième mouvement est tiré à part sous le titre Danse boréale, dont vous trouverez aussi le matériel sur ce site (voir page Partitions). Cette Danse est techniquement plus facile à jouer que les autres mouvements de la Sonate.

Voir le message Prélude aux trois Sonates:
L’édition informatique de la partition des trois Sonates a été rendue possible grâce à une bourse de perfectionnement de l’Université du Québec à Montréal, que je remercie pour son soutien.

SONATE BORÉALE
(= Sonate #2, pour violoncelle et piano; opus 4)

Dans ce paysage boréal, à Tadoussac, je suis et vous regarde.
La Sonate boréale se présente donc en trois mouvements, deux vastes Largo, entrecoupés d'un Allegretto. Le qualificatif «boréale» s'est imposé parce que je trouve qu'il règne ici une atmosphère nordique. Pas le nord du Plan Nord de John James Charest, bien sûr, mais un Nord imaginaire, un paysage intérieur, un état sensible, parfumé d'odeur de cèdres et d'épinettes, un terrain rocheux couvert de mousses et de lichens. Une sorte de malaise aussi, tenant de la solitude ou de quelque chose s'en approchant. Cette description imagée vaut surtout pour les deux Largo qui, contrairement à l'Allegretto central, peuvent sembler plus «difficiles», voire impénétrables...

Impénétrable cette musique? Visitons-la un peu. Chacun des Largo possède sa propre mélodie principale. Le premier mouvement s'ouvre sur celle-ci:
Mais il s'agit d'une dérivée (presque au sens mathématique du terme) de la véritable mélodie principale qui apparaît un peu après et d'une manière discrète, comme un groupe d'oiseaux volant à l'horizon:
En passant, c'est de cette mélodie que dérive celle de la Danse boréale (Allegretto de la Sonate). Dérivées: comme en ces autres mesures combinant des éléments précédents, avec les arabesques hors tempo du piano:


Le second Largo, le troisième mouvement de la Sonate, s'ouvre directement sur sa mélodie principale, de courbe descendante et introduite par le seul violoncelle:

Dérivées pour elle aussi, tel en ce passage où ses durées rythmiques sont élargies et où elle se retrouve en notes appuyées à la main gauche du piano:

Ces mélodies jouent un rôle important: celui de soutenir la musique dans un déroulement temporel de durée relativement longue, chacun des deux Largo faisant autour de dix minutes. Mais ni l'une ni l'autre ne forme le matériau principal réel de l'oeuvre. Les autistes appréhendent le monde à partir de détail et, peu à peu, prennent conscience de l'ensemble. Peut-être voient-ils le monde dans un tout petit détail. Ainsi, la Sonate est née et est basée sur le tout petit fragment sonore suivant: c'est de lui que vient le reste, c'est lui la racine, la source. La grande forme est un étalement du détail qui révèle alors tout le monde qu'il porte en lui:

Difficile de faire plus concis! Ce motif se retrouve partout dans les deux Largo. Sa forme préférée est la plus proche de sa nature: un éclat. Il se montre dès la mesure 8 de la Sonate, et devient aussitôt obsédant sous sa forme «en éclat». Vous pouvez vous amuser à le traquer dans le passage suivant (mesures 12 à 20 du premier mouvement):

Plus loin, il ponctue presque férocement un vif mouvement perpétuel du violoncelle:


Ailleurs, il se fait murmure d'accompagnement au piano d'un soliloque de violoncelle:


... se manifeste en «motif écho», comme ici au piano: attaque très forte suivie d'un decrescendo, puis d'un silence:


Ou comme ces autres «éclats échos», plus troublants, qui descendent peu à peu dans les profondeurs:


Bref, c'est ce tout petit motif qui fonde l'atmosphère de l'oeuvre et son écriture, notamment au plan harmonique.

Les premiers auditeurs ont ressenti l'impression de solitude en relevant le fait que, ça et là, violoncelle et piano jouent à l'unisson (comme dans le chant grégorien?); qu'ils jouent aussi de brefs solos, comme celui-ci du violoncelle:


... ou celui-ci du piano, qui débute par une grande arabesque ascendante basée directement sur le motif fondamental de la Sonate (il est partout!):


Un dernier mot pour terminer. De tout ce qui précède, je n'en étais pas vraiment conscient lorsque je composais la pièce. Je ne l'ai petit à petit réalisé que lors de la révision de 1990 et, plus encore, lors de la préparation de l'édition. La Sonate boréale offre une armature très forte (bien que ne relevant d'aucune forme pré-établie) mais, lors de sa composition même, seuls me guidaient l'«instinct», l'«inspiration», la quête d'un genre particulier de beauté, la fidélité à une voix intérieure.

dimanche 4 mars 2012

Violoncelle et piano: prélude aux trois Sonates

Prélude aux trois Sonates pour violoncelle et piano

















[À gauche: Luigi Boccherini. À droite: Perttu Kivilaakso. Source: Wikipédia]


Danse boréale, pour violoncelle et piano
Voir l'article ci-après au sujet de cette pièce

 Score: https://www.dropbox.com/s/38vd6bexqr6ijge/Danse%20Bor%C3%A9ale%20Score.pdf?dl=0
Partie de violoncelle: https://www.dropbox.com/s/cycfo55d9kzppf2/Danse%20bor%C3%A9ale-vlc.pdf?dl=0

J'invite les violoncellistes et les pianistes, amateurs comme professionnels, étudiants comme professeurs, à télécharger le PDF de la partition éditée: c'est gratuit. MAIS cette pièce est: (C) Antoine Ouellette, 2011. Si elle est jouée en concert public payant, elle doit faire l'objet d'une déclaration SOCAN (SODRAC si elle est endisquée).

Si vous désirez une impression de calibre professionnel de la partition, je vous invite à contacter le Centre de musique canadienne à Montréal:
416, rue McGill, Montréal, QC, H2Y 2G1
T: +1 514-866-3477
F: +1 514-866-0456

En octobre dernier, j'obtenais une bourse de «perfectionnement courte durée» de l'UQÀM pour faire l'édition numérique de la partition de mes trois Sonates pour violoncelle et piano. J'ai profité de l'occasion pour réviser et retoucher légèrement ces pièces qui me sont particulièrement chères, ainsi que je l'avais évoqué dans un article précédent dont je me permets de reprendre ici quelques phrases.
Les deux instruments de ma formation musicale ont été le piano et le violoncelle: ce n'est pas un hasard si bon nombre de mes premières pièces (conservées ou envoyées au recyclage...) s'adressent à l'un ou / et l'autre de ces instruments. L'oeuvre la plus ancienne que j'ai conservée à mon catalogue est la Sonate romanesque (opus 1.1), la première de mes sonates pour violoncelle et piano qui fut suivie, quelques années plus tard, par la Sonate boréale, donc la deuxième sonate pour ce couple d'instruments. Il y avait très longtemps que je n'avais intitulé une pièce «sonate» lorsqu'au début de 2011 je me suis fièvreusement lancé dans la composition de la Sonate liturgique, la troisième du genre, qui fut rapidement complétée (surtout pour une pièce d'environ 32 minutes).
Ces sonates forment en quelque sorte mon journal intime de musicien, non seulement parce qu'elles mettent en vedette les deux instruments dont j'ai appris à jouer, mais aussi parce qu'elles m'accompagnent depuis plusieurs années comme en témoignent leurs dates:
1979: Sonate romanesque, première version
1982: Sonate boréale (opus 4), première version
1990: Sonate boréale, version révisée
2001: Sonate romanesque, version révisée
2011: Sonate liturgique (opus 42) / C'est alors que j'ai décidé de donner aux trois pièces leurs titres définitifs, rayant les précédents, de banaux Sonate #1, Sonate #2,...
2011-2012: Nouvelle révision et édition informatique (logiciel Finale) de l'ensemble.
D'ici quelques petits mois, les partitions éditées des trois Sonates seront disponibles.

Les trois Sonates sont indépendantes. Mais elles peuvent aussi être jouées en concert comme une trilogie parfaitement cohérente, le journal intime d'un musicien, son pélerinage dans le temps, depuis l'adolescence (j'ai terminé la Sonate romanesque à 18 ans) jusqu'à la cinquantaine. Cette trilogie occuperait bien un programme de concert, car les minutages respectifs des Sonates sont d'environ 20, 25 et 32 minutes. Indépendantes mais formant aussi un monde cohérent: je suis certain que cet ensemble forme un monument magnifique et, j'ose le dire, très rare en son genre, voir même unique.

À 14 ou 15 ans, dans l'orchestre, au Camp musical Accord Parfait (Portneuf)
En guise de prélude à cette édition, je vous offre aujourd'hui la Danse boréale, qui est en fait le deuxième mouvement (Allegretto) de la Sonate boréale. Cette Sonate est en trois parties: deux vastes Largo encadrent ce bref mouvement de danse. Il s'agit donc du centre de la sonate centrale de ma trilogie, d'où mon choix. Aussi, c'est peut-être le plus aisé à jouer des 12 mouvements qui constituent les Sonates. Finalement, en concert, c'est le mouvement de la Boréale qui plaît le plus, alors que les deux autres semblent presqu'impénétrables! Certaines personnes diront que c'est parce qu'il est dansant et que, justement,  le public préfère les choses «faciles». Il est vrai que, comparé à la musique plus instable et inquiétante des deux mouvements qui l'encadrent, celui-ci semble presque candide dès son début:


Pourtant, ce matériau est soumis à diverses transformations qui me semblent bien agencées et s'enchaîner avec fluidité d'où, peut-être, la véritable raison de son succès en concert. J'avoue aimer tout spécialement ces quelques mesures à la fois animées et extatiques:


En trois minutes, tout au plus, la musique s'aventure dans toutes sortes d'épisodes concis, comme celui-ci où le violoncelle gazouille tel un oiseau:


Ou encore celui-ci, sorte d'invention à deux voix pour le piano seul (et le seul moment des deux premières sonates où l'armure change, passant ici du fa dièse de mi mineur aux deux bémols de sol mineur, cela pour quelques mesures fugitives - je déteste les modulations!):

Contre toute attente, la candeur initiale s'est peu à peu muée en grandeur, sans perdre le caractère léger et dansant de l'ensemble, en menant vers ce sommet sonore qui sera suivi d'une brève cadence de violoncelle:


Comme ce mouvement concis est une sorte d'éclaircie dans une oeuvre au tempérament globalement nordique, mystérieux et un peu abrupt, la fin se fait sur la pointe des pieds, le violoncelle égrénant quelques accords à la manière d'une guitare, et le piano répétant une cellule mélodique du thème. Et toc!




J'invite les violoncellistes et les pianistes, amateurs comme professionnels, étudiants comme professeurs, à télécharger le PDF de la partition éditée: c'est gratuit. MAIS cette pièce est: (C) Antoine Ouellette, 2011. Si elle est jouée en concert public payant, elle doit faire l'objet d'une déclaration SOCAN (SODRAC si elle est endisquée).

Si vous désirez une impression de calibre professionnel de la partition, je vous invite à contacter le Centre de musique canadienne à Montréal:
416, rue McGill, Montréal, QC, H2Y 2G1
T: +1 514-866-3477
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ÉCOUTER DANSE BORÉALE