MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

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NOTA BENE
Sur cette page, vous pourrez écouter quelques-unes de mes pièces. Des enregistrements de mes pièces circulent déjà sur le Web et, sur certains sites (jusqu'en Europe), le téléchargement est payant. Ces sites sont pirates! J'y ai retrouvé non seulement les oeuvres figurant sur les trois disques «officiels» de ma musique, mais aussi des enregistrements de Radio-Canada et même des enregistrements de qualité démo. Je me demande bien comment tout cela a pu aboutir là... Alors, tant qu'à faire, je vous offre moi-même de mes pièces à écouter, gratuitement. Cela dit, pour une qualité sonore optimale (sans compression), vous pouvez me contacter pour vous procurer un de mes disques «officiels».

Les pièces sont classées par ordre chronologique inverse, soit des plus récentes au plus anciennes.

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Sattvika: l'Oiseau danse
Ballet (opus 39; 2008)
Pour danseurs / danseuses, bansuri, saxophone soprano, tampura et percussions.
Commande de Ginette Dion et Sattvika Danse (http://www.sattvikadanse.org/)

J'ai commencé à pratiquer le Bharata Natyam (style de danse classique de l'Inde du Sud) auprès de Ginette Dion en 2006. C'est Ginette elle-même qui m'a commandé la musique de ce ballet dont elle est l'auteure de la chorégraphie. La trame est le conte oriental de l'Oiseau de feu (utilisé en 1909 par un certain Igor Stravinsky...). Comme la chorégraphie, la musique est un mariage d'éléments indiens traditionnels et d'éléments contemporains. Le petit ensemble marie lui-même des instruments occidentaux (saxophone soprano) et orientaux (la flûte bansuri et le tampura qui résonne en arrière-plan). Une marge de liberté est accordée pour le choix des percussions et, dans l'enregistrement qui suit, on retrouve notamment un changko, tambour coréen. Le ballet a été créé par la troupe de Ginette Dion en juin 2008, en l'Auditorium D.B. Clarke de l'Université Concordia (Montréal). En 2010, j'ai créé une version de l'oeuvre pour orchestre symphonique de type Haydn (bois par deux; pas de trombones ni de tuba).
La vidéo présente deux extraits d'une oeuvre durant au total autour de 20 minutes. Dans la Première scène, l'oiseau fantastique exécute sa danse. Un Prince l'observe puis cherche à le capturer. La poursuite s'engage que gagne le Prince. L'oiseau l'implore de lui rendre sa liberté en échange d'une de ses plumes, plume qui possède des pouvoirs magiques. Le Prince accepte et, alors que l'oiseau s'envole, il danse... Vous entendrez aussi le Mangalam, ou salutation finale.
Alexandre Lavoie, bansuri. Hugues D. Thériault, saxo soprano. Geneviève Dugré, tampura. Patrick Graham, percussions. Antoine Ouellette, percussions et direction.


Magnolia
Pour flûte bansuri (Inde), percussions et tampura (opus 37)
Magnolia a été composé pour Alexandre Lavoie, et créé par lui en même temps que Sattvika: l'Oiseau danse. Patrick Graham et moi-même jouons des percussions et du tampura, sorte de grand luth à quatre cordes utilisé pour faire résonner une sorte d’harmonie en arrière-plan. Dans la préface de la pièce, j’ai précisé qu’il est possible de donner Magnolia avec des instruments occidentaux. C’est une œuvre qui exhale un beau parfum sonore : comme dans un raga (la forme par excellence de la musique indienne), elle s’ouvre sur une section libre, hors tempo, menant à une section rythmique en 7 temps avec un espace prévu pour improviser. Suit une méditation hors tempo sur deux notes seulement; section débouchant sur une conclusion sereine.
Photos de magnolias (source: Wikipédia)


Joie des Grives
Contemplation symphonique (opus 32; 2003)
Voir la page Le chant des oyseaulx

L'Amour de Joseph et Marie
Oratorio pour le troisième millénaire du christianisme (opus 23; 1998)
Durée totale: 70 minutes

Grande fresque sonore, cet oratorio est un hommage et une réflexion sur l’héritage musical et spirituel de 2000 ans de christianisme. Chants hébraïque, grégorien, byzantin, slave, polyphonie sacrée occidentale, negro spiritual s’y fondent à mon style personnel, avec les résonances lumineuses et magiques des cloches, carillons et autres percussions métalliques.  Ce vitrail sonore  raconte aussi une histoire d’amour unique, celle de Joseph et Marie, les premiers témoins de la venue de Dieu parmi nous : un homme et une femme qui s’aiment et qui voient leur projet de vie bouleversé. L’histoire de Joseph et de Marie : leurs moments de joie : Rencontre, Fiançailles, Nativité... ; les moments difficiles aussi qui font partie de la condition humaine: exil, persécution par le Pouvoir politique, mort... Le déroulement de l'histoire est entrecoupé de moments de pure contemplation proches de l’atmosphère des monastères. L'oratorio a été crée en avril 2000 par l'Orchestre symphonique de l'Estuaire (Rimouski), avec des solistes (Isabelle Charron, Alexandre Malenfant, Guillaume Saint-Cyr), des choeurs, sous la direction de Pierre Montgrain; une création en tournée dans 4 villes de l'Est du Québec qui a culminé dans l'apothéose avec un concert à guichet fermé en la Cathédrale de Rimouski.
L'extrait qui suit offre les deux dernières des 11 scènes de l'oeuvre: Chant d'Amour II et La mort de Joseph (Durée de l'extrait: 13'48)
Source des images: Wikipédia


Présence
Pour saxophone alto solo (opus 22; 1997)

Symbole sexuel pour certains, le saxophone m’évoque plutôt un coquillage! Par sa forme, mais aussi parce que, comme un coquillage, il peut rendre le bruit des vagues. Présence fait entendre ce bruit, en un voyage sonore depuis le rivage (le thème initial) jusqu’à la mer et, de là, un retour aux berges. Au long de ce parcours, le thème de départ est soumis à une série de métamorphoses comme autant d’aventures. De temps à autre, un souvenir du pays d’origine émerge du lointain. Présence a été créée le 13 avril 1997 par Gilles Monrosty, lors du Colloque de l’Association des saxophonistes du Québec, Université du Québec à Montréal.
Sur la vidéo, le titre des différentes sections de l’œuvre (les moments du voyage) apparait en superposition à une photo d'aurore boréale (Source de la photo: Wikipédia)
Durée: 19 minutes

Une Messe pour le Vent qui souffle
Pour orgue (opus 18; 1991-93)
Commande de la Société Radio-Canada

Le Vent qui souffle : celui donnant naissance aux sons musicaux dans les tuyaux de l’orgue. Celui aussi qui manifeste la présence divine : dans la partition, une citation biblique précède chaque mouvement en présentant un attribut sacré du vent. L’Entrée évoque le Vent de Dieu tournoyant au commencement de l’univers : convocation des Vents, danse de la Création ; puis, épanouissement d’une longue mélodie sur une harmonie veloutée, comme la naissance à la vie de l’être humain, glaise du sol animée du souffle du Créateur... Méditant sur les vents comme messagers de la Parole, l’Alléluia reprend une pratique traditionnelle des chants liturgiques chrétiens en faisant alterner une antienne avec des versets dont les sonorités et le bourdon (note profonde soutenue) rappellent le chant byzantin... Concerts de flûtes, chants d’oiseaux, accords contemplatifs : l’Offertoire s’inspire de ce bruit de brise légère dans lequel le Seigneur se révéla au prophète Élie. Sont utilisées ici deux mélodies grégoriennes de la Pentecôte, cette fête célébrant le souffle de l’Esprit. Comme une prière montant au Ciel, une lente ascension porte l’Offertoire vers le silence, vers l’Infini... Entrecoupées d’échos d’une marche nuptiale, les mélodies en duo de la Communion se fondent en accords résonnants, comme en un mariage sonore. Des couples d’oiseaux fantastiques se répondent en descendant des nuées... La Sortie annonce la résurrection d’après un passage spectaculaire du livre d’Ézékiel où le prophète, appelant les Quatre Vents, redonne vie à une foule d’ossements. Souffle renouvelé qui amène le retour de motifs musicaux, transfigurés en apothéose sonore ! Une Messe a été créée en mars 1994 par Patrick Wedd aux orgues de l'église Saint-Jean-Baptiste de Montréal.
Durée totale: 45'23
1. Entrée: 9'50
2. Alléluia: 4'37
3. Offertoire: 13'29
4. Communion: 9'39
5. Sortie: 7'30
Étant donnée la durée de l'oeuvre, elle est accompagnée, sur la vidéo, des citations bibliques à l'origine de chaque mouvement, de photos d'orgues, de représentations de l'Esprit saint et d'actions du vent.
Source de toutes les photos: Wikipédia


Horizon
Cycle de quatre pièces pour piano (opus 17; 1992)
Extrait: la troisième pièce: Gloria
Valentin Bogolubov, piano. Durée: c.11'08
Horizon comprend quatre pièces. Les trois premières forment une montée vers la lumière que la dernière intériorise. Chaque pièce peut être symboliquement reliée à l’un des points cardinaux. L’Imploration est à l’Ouest : le soleil déclinant, lorsque les ténèbres s’installent et que la vie passe vers la mort. La musique est porteuse des difficultés du pèlerinage des Vivants sur la Terre : phrases tendues et harmonies lourdes, aérées par la caresse d’un Ange consolateur qui appelle à ne pas céder au désespoir. Sur les ailes du vent est à l’Est : après l’obscurité, la renaissance progressive de la lumière. Un allégement permettant de prendre distance par rapport aux épreuves. Musique de brise, portée par un rythme ondulant, délicat autant que solide. Pour marquer l’union de la nuit et du jour dans la course solaire, ces deux premières pièces sont enchaînées sans pause.
Le Gloria est au Sud : plein soleil! Louange, danse, résonances et tourbillons de couleurs dans une écriture qui fait carillonner l’instrument. La pièce est basée sur une mélodie née de la musique des premiers mots du texte liturgique : «Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur Terre aux Hommes qu’il aime». Le motif caractéristique (notes Do-Si-Sol descendantes) correspond au chant d’un oiseau abondant au Québec : le Bruant à gorge blanche. Cette mélodie avait beaucoup à dire: pour la satisfaire, je l’ai réemployée dans une section de mon oratorio L’Amour de Joseph et Marie, en la travaillant différemment pour les chœurs et l’orchestre symphonique. Mais déjà ici, le piano sonne de façon très orchestrale. Gloria est uniquement joué sur les touches blanches du piano. Cette «limitation volontaire» permet au rythme de s’incarner avec la plus grande diversité : ici parfaitement stable, là complètement libre par rapport à une pulsation; cela avec tous les intermédiaires possibles entre ces deux pôles.
Très progressivement, la musique s’intériorise, préparant la place pour le final. Ce Nocturne conclusif est au Nord : les grands espaces, le froid, les aurores boréales, l’envol des oiseaux migrateurs. Les atmosphères précédentes sont revisitées sous le mode de la contemplation dans une musique qui ne craint pas de prendre tout son temps.
Source de toutes les photos: Wikipédia


Bourrasque
Pour flûte seule (opus 16; 1991)
Paola Secco, flûte. Durée: 12'48
Dans Bourrasque, la flûte incarne les humeurs du vent : le vent tantôt tourbillonnant, rageur, moqueur, tantôt léger, frais, mélodieux. La flûte étant l’instrument le plus proche du souffle, celui-ci est mis en valeur dans des notes «soufflées», «roulées» et dans des moments où il se transforme en son musical. L’œuvre enchaîne des sections variées menant vers une étourdissante danse finale. Achevée en juillet 1991, Bourrasque fut créée en octobre de la même année par Paola Secco, avec la collaboration du vent lui-même, un puissant vent d’automne qui fit entendre ses hurlements jusque dans la salle de concert, en parfait dialogue avec la musique ! En 1997, Bourrasque devenait la première œuvre canadienne publiée par les Éditions Henry Lemoine de Paris, dans la collection Les Contemporains.


Paysage
Pour quatre pianos disposés en cercle (opus 10; 1987)
Paysage revêt une signification particulière pour moi.  D’une part, ce fut la première de mes pièces à être jouée de façon professionnelle en public. Ce fut le 28 janvier 1991, à la Salle Claude-Champagne, dans le cadre de la Journée Portes Ouvertes de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, par les pianistes Jacques Drouin, Linda Tremblay, Corinne Véronneau et Allan Sutton. D’autre part, composée de 1985 à 1987, c’est avec Paysage que je considère avoir atteint ma maturité de compositeur. Finalement, l’œuvre constitue une synthèse poétique entre la musique et la biologie.
Disposés en cercle, les quatre pianos sont comme les points cardinaux, ou les quatre saisons ou encore les quatre éléments : terre, air, eau et feu. La partition est parcourue par la quinte la-mi, souvent pulsée de façon régulière comme un battement de cœur, le cœur de la Terre. Des mélodies ornementées, des motifs oiseaux, des cascades de sons, des enchaînements d’accords tantôt calmes tantôt scandés s’y superposent en faisant dialoguer des rythmes stricts et des rythmes non mesurés : le temps qui bat, qui se contacte et se dilate, qui échappe à toute pulsation, le temps qui passe d’un état à l’autre ou qui les combine, bref le temps musical dans une perspective post-einsteinienne. Et le tout en une musique harmonieuse n’affectant aucune modernité de façade. Paysage doit beaucoup à l’étude du chant grégorien : les pianistes ne jouant que sur les touches blanches, Paysage est radicalement diatonique comme ce dernier Malgré la présence marquée de la quinte la-mi, la note principale de l’œuvre est qui ne se révèle comme telle qu’à la toute fin.
Paysage dure 32 minutes. Pour agrémenter la musique, la vidéo présente des images qui, presque toutes, montrent la nature en ville : boisés urbains, parcs, jardins botaniques, jardins communautaires, édifices avec toits verts, etc. Il y a aussi des photos de figures fractales (abondantes en nature), de cascades et, pour la dernière section, des peintures orientales. Ces images ne correspondent pas à une histoire que raconterait Paysage : elles forment un contrepoint visuel à la musique, en toute simplicité.
Sources de toutes les photos : Wikipédia


L'Esprit envoûteur
Symphonie concertante pour flûte alto, harpe et orchestre de chambre (cordes et percussions pour deux exécutants) (opus 9; 1985, révision: 1999)
L’Esprit envoûteur s’inspire d’une légende amérindienne de Gaspésie qui parle du pouvoir transformant de la musique mais rejoint aussi des problématiques très actuelles liées à la solitude, à l’exclusion sociale et à l’exil. Elle raconte l’histoire d’un Indien handicapé rejeté par sa communauté parce qu’il ne peut contribuer à sa sécurité matérielle. Peiné, il erre dans la forêt et entend une musique étrange et séduisante. Il rencontre alors une Indienne jouant de la flûte. Cette musique le transporte hors du temps. L’Indienne lui fait cadeau d’une grande quantité de provisions qu’il ramène à son village. À son retour, tous sont étonnés : il était disparu depuis si longtemps qu’on le croyait mort. Plus encore : il rapporte de quoi assurer la subsistance de la communauté pendant très longtemps. Mais la musique l’a transformé. L’Indienne flûtiste était en fait un esprit envoûteur, des êtres dont on ne sait s’ils sont bienfaisants ou non mais qui appellent de nuit les exclus; à son contact, il en est devenu un à son tour. Ne pouvant plus vivre parmi les humains, il quitte le monde visible dans un tourbillon de vent et de fumée, sous les yeux de sa communauté médusée qui pleure alors son départ…
L’œuvre est en cinq sections. Le Prélude campe une atmosphère magique et nocturne. Le Premier tableau dépeint la solitude d’un homme rêveur qui, handicapé et mauvais chasseur, est rejeté par les siens (solo de harpe), puis l’apparition d’un Esprit envoûteur le charmant avec sa flûte. Après une danse aérienne (Interlude), le Deuxième tableau est celui des incantations qui culminent en un sommet sonore fracassant. Dans le Postlude, la flûte lointaine chante ses vocalises sur les harmonies profondes des cordes qui disparaissent peu à peu en se confondant avec le vent.
L'oeuvre a été créée en février 2002 par Claire Marchand (flûte alto), Caroline Leonardelli (harpe), et l'Orchestre de chambre de Hull (Gatineau) sous la direction de Louis Lavigueur. Chose rarissime pour une oeuvre nouvelle: elle a été si appréciée qu'une partie en a été donnée en rappel.
Durée:
Prélude: 3’03
Premier tableau: 9’35
Interlude: 2’23
Second tableau: 8’15
Postlude: 4’42
Source de toutes les photos: Wikipédia


Suite celtique
Pour harpe (opus 6; 1983)
Danièle Habel, harpe.
Cinq mouvements: I. Prélude (2'15) / II. Barde (3'22) / III. Courante (2'17) / IV. Légende (4'57) / V. Gigue lointaine (2'18). Durée totale: 15'22

Œuvre délicate conçue pour la harpe celtique ou la grande harpe de concert,  la Suite celtique tient peut-être de la sensibilité celte héritée de la branche irlandaise de ma famille : fascination pour le mystère, les paysages brumeux, les légendes teintées de surnaturel. À l’époque de sa composition, je venais de découvrir le chant grégorien avec passion. Comme lui, la Suite se caractérise par un «diatonisme intégral» en n’utilisant que l’échelle donnée par les notes ré, mi bémol, fa, sol, la, si bémol et do. Face aux innombrables possibilités qui s’offrent désormais aux compositeurs, cette «contrainte volontaire» représentait un défi considérable. Pourtant, en jouant avec le rythme, la respiration, le silence, la résonance, il est toujours possible de créer une infinité de formes avec un nombre limité de sons. La Suite fait ainsi alterner des pièces rapides et des pièces lentes, mais le rythme y demeure souple et les tempos soumis à plusieurs fluctuations. C’était la première fois que je composais une pièce entièrement diatonique, technique que j’ai par la suite développée en plusieurs œuvres de façon plus aventureuse.
Sur la vidéo, la Suite est accompagnée des photos de harpes, de paysages irlandais et écossais, d'oeuvres d'art celtes...
Source de toutes les photos: Wikipédia


Sonate boréale
[Sonate #2 pour violoncelle et piano]
(opus 4; 1980-82, révision: 1990)
Trois sonates pour violoncelle et piano figurent à ce jour dans mon catalogue. Elles sont indépendantes mais peuvent aussi être jouées en concert comme un tout, ou plutôt une sorte de journal intime, piano et violoncelle étant les instruments dont j'ai appris à jouer. La deuxième, la Sonate boréale, compte trois mouvements. Les premier et dernier sont de grands blocs d'environ dix minutes chacun, qui paratagent aussi une atmosphère nordique, un caractère changeant (tantôt introspectif, tantôt tumultueux), de même que certaines idées musicales. On y trouve aussi de brefs solos confiés à l'un ou à l'autre des instruments: peut-être la Sonate a-t-elle quelque chose de proche du sentiment de solitude... Entre eux, un Allegretto, plus court, léger, presque dansant, vient équilibrer l'oeuvre et lui permettre de reprendre son souffle. La Sonate boréale a été créée en octobre 1991 par Sylvie Lambert (violoncelle) et Allan Sutton (piano).
Durée des mouvements:
1. Largo (10'41)
2. Allegretto (3'12)
3. Largo (10'32)
Photos du ciel étoilée, de constellations et de la Voie lactée (Source unique: Wikipédia)


Au Jardin de Gethsémani
Pour flûte, violoncelle et piano électrique (opus 3; 1982, rév. 1988)
Paola Secco, flûte. Sylvie Lambert, violoncelle. Allan Sutton, piano électrique
Durée: 15'06

Composé en 1982 pour la liturgie de la Semaine Sainte, Au jardin de Gethsémani évoque poétiquement le mystère de ce temps d’attente menant à Pâques, la grande fête chrétienne de la Résurrection. D’une durée d’environ quinze minutes, la pièce est un pendant instrumental moderne des «Leçons des ténèbres» de l’époque baroque. Flûte et violoncelle remplacent ici les voix solistes : leur musique alterne les styles arioso et récitatif, variant le thème énoncé par le violoncelle au tout début de l’œuvre. Le piano joue essentiellement un rôle de «continuo» à l’exception de quelques brefs passages : il diamante le chant des solistes en lui donnant une luminosité étrange et délicate.
Source de la photo du jardin de Gethsémani: Wikipédia



Bonheurs
Six petites pièces pour piano (opus 2.3; 1985, rév. 1992)
Valentin Bogolubov, piano.
Durée: 1) 1'40. 2) 0'56. 3) 2'40. 4) 1'55. 5) 2'28. 6) 3'25. Total: 13'02
Petits miracles qui ne coûtent rien, les moments de bonheur sont comme des papillons qu’on ne peut toujours retenir. Léger et profond à la fois, peu osent aborder le bonheur en musique. C’est pourtant ce que proposent ces six petites pièces qui ne sont «faciles» qu’en apparence. Bonheurs illustre ma «première manière» (opus 1 à 9) avec sa «tonalité aérienne» où les harmonies traditionnelles s’enchaînent de façon fluide mais inhabituelle. Presque toutes les pièces de Bonheurs commencent et se terminent dans des tonalités différentes. Deux tonalités principales, Ré majeur et Fa dièse majeur, s’y marient sans aucune dissonance en une bitonalité subtile. Les derniers instants les combinent et les notes finales, Ré et Fa#, forment le sceau poétique de cette union.
Source de toutes les photos: Wikipédia