MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

lundi 3 février 2014

FOUGÈRES: LA VERSION COMPLÈTE

 BABILLARD
Je donne une conférence le 19 février 2014 à Saint-Eustache, pour le Comité de parents et Comité CSEHDAA de la Commission scolaire de la Seigneurie des Mille-îles. Ce sera au 430 boulevard Arthur-Sauvé, à Saint-Eustache (salle 5080), à 19 h. Si vous êtes intéresséE, ne tardez pas car les places sont limitées et, il y a deux semaines, il y avait déjà quelques 85 inscriptions... Pour informations:
Manon Chevigny de la Chevrotière, agente de liaison, par courrier
électronique (comitedeparents@cssmi.qc.ca) ou par téléphone (450) 974-7000 poste 2222.


Sophie Robert. BRAVO! Source de la photo:
http://www.lavoixdunord.fr/region/interdit-par-la-
justice-il-y-a-deux-ans-le-mur-film-ia19b0n1850259
Le suivi d'un dossier dont je vous avais déjà parlé. Toutes mes félicitations à Sophie Robert, réalisatrice du documentaire «Le mur. La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme», qui après avoir subi un revers l'année dernière a finalement gagné contre l'establishment le 16 janvier dernier: interdit pendant quelque temps, son film courageux est maintenant disponible. Au tour de la prochaine charlatanerie de «traitement contre l'autisme»! Pour plus d'informations:
 http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2265
Tout de même, un petit conseil amical aux artistes français: évitez de nommer une de vos productions Le mur, il semble que cela porte malheur!

FOUGÈRES. LA VERSION COMPLÈTE

Fougères. Esquisse pour la Partie IV. (C) Antoine Ouellette, 2013
Imaginez! À l’automne 2013, j’ai été appelé à donner le cours Principes de composition à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM). Un nouveau cours qu’il m’a fallu monter de A à Z. Du jour au lendemain, j’ai eu 13 étudiantEs en composition, moi qui n’avais jamais enseigné cette matière! J’ai dû déterminer, de manière très empirique, ce qui pouvait s’enseigner en matière de composition et ce qui ne peut l’être. Car je crois que s’il est possible d’enseigner certaines choses, particulièrement d’ordre technique (par exemple comment instrumenter ou comment varier une idée mélodique), l’essentiel appartient à qui compose. À partir de cette limite, la composition ne s’enseigne plus vraiment.

Kirk Hammett, du groupe Metallica
J’avoue que, contrairement aux cours d’histoire de la musique que je donne, j’avais un peu le trac avant le début de la session. Mais cela s’est finalement bien passé. C'était l'inconnu: je n'avais aucune idée de ce que les étudiantEs avaient déjà fait en composition. J'ai donc rencontré deux défis. Le premier venait du fait que les étudiantEs avaient des profils, des intérêts et des options stylistiques très variés : musique du monde (avec influence africaine, indienne, brésilienne), jazz, classique contemporain, heavy métal (oui oui!), etc. Rien n’était interdit de ce côté. Par contre, je devais m’ajuster à chacunE d’entre eux pour leur apporter un quelque chose qui leur serait pertinent. Et il y a un monde entre Schoenberg, Metallica et Antonio Carlos Jobim! Une bonne gymnastique pour moi.Mais finalement, cette diversité s'est révélée être plutôt une richesse: elle multipliait les exemples de questions que l'on peut se poser en composant.
Le second défi venait de ce que si quelques étudiantEs avaient déjà composé, la majorité n’avait jamais terminé une pièce. Ce n'était pas tant le manque d'idée qui posait problème que la mise en forme du propos. Il arrivait qu'un étudiant ait plein d'idées, mais allant dans plusieurs directions et sans centre. Mes étudiantEs ont dû travailler le souffle, quitte à découvrir les vertus du renoncement. Avoir des idées (une mélodie, un rythme, un schéma harmonique…) est une chose, mais faire de ces idées une pièce achevée en est une toute autre. Je connais des tas de gens, si vous saviez, oui, des tas de gens qui critiquent les œuvres des compositeurs en disant «Oh moi, j’aurais fait ceci plutôt de cette manière» ou en pensant «Ah lui, moi j’ai tellement plus de talent!», mais sans avoir réussi à pondre eux-mêmes une seule pièce musicale, ne serait-ce que toute simple. Ils ont le Génie mais aussi l’Incapacité. Étrange…
Fougères. Esquisse graphique pour la Partie III. (C) Antoine Ouellette, 2013
Le premier travail pratique que j’ai donné aux étudiantEs fut de créer une variation sur la chanson L’hymne au printemps de Félix Leclerc. L’autre travail fut de créer une pièce «en style libre» et, à quelques occasions au cours de la session, de faire part aux collègues de l’état d’avancement de la pièce, de ce qu’il reste à faire, des difficultés rencontrées. Ces portions de cours étaient très interactives : de l’enseignement coopératif dirais-je puisque chacunE pouvait y aller de ses commentaires et suggestions. Je suis très fier de mes étudiantEs : toutes et tous ont réussi à composer leur pièce, même ceux et celles qui pensaient ne pas pouvoir y arriver. Mieux : plusieurs de ces pièces étaient bien réussies, quelques-unes sont même de petites perles. Elles ont été données lors d’un concert-midi à la bibliothèque du département de musique qui avait trouvé le budget pour engager des musiciens afin de les jouer.
J’espère pouvoir redonner ce cours : j’aurai une petit bagage d’expérience pour faire encore mieux. Je dois dire que j’ai beaucoup appris – j’apprends toujours en enseignant, même après 23 ans : la musique est un monde infini. Je dois aussi dire que lorsqu'il ne me sera plus donné d'enseigner (chose qui ne sera pas mon choix), mon plus beau souvenir sera les étudiantEs. Alors, merci à vous toutes et tous!

*     *     *
Mon automne 2013 a été particulièrement chargé. Mais j’ai tout de même réussi à mettre la main finale à la «grande version» de Fougères : 39 minutes de musique (bon, j’entends encore mes Éteignoirs Professionnels dirent que «C’est trop long» sans avoir vu ou entendu. Mais non : c’est plus court que beaucoup d’œuvres du répertoire orchestral). Fougères a mis presque dix ans à atteindre sa pleine expression. L’aventure a commencé en 2004 alors que j’ai composé une pièce pour les douze guitares de l’Ensemble Forestare : Fougères 1 (opus 34 #1). Un an plus tard, j’en écrivais une seconde, Fougères 2 (opus 34 #2), qui ajoute à l’effectif une contrebasse, un tambour à cadre et des maracas. Forestare m’a fait l’honneur de jouer ces deux pièces. À chaque occasion, elles étaient très bien reçues. Mais curieusement, très curieusement, ils ont cessé de les jouer du jour au lendemain, sans explication, et elles ne figurent pas sur leurs disques. J’ai eu plus de chance que d’autres : quelques compositeurs leur ont écrit des pièces qu’ils n’ont jamais jouées. En ce qui concerne mes deux Fougères, j’ai cru comprendre que ce n’était pas assez pop au goût du directeur artistique. Un petit diablotin me souffle aussi à l’oreille que je n’ai pas non plus tout à fait la bonne couleur de peau… Bref à nouveau (cela m’arrive souvent), des pièces qui, à l’expérience, passent bien en concert sont laissées de côté. Salut bonsoir.

Fronde de fougère
Quoi qu’il en soit, je ne peux pas dire que j’étais entièrement satisfait par la sonorité de douze guitares classiques. J’aurais préféré qu’il y ait dans l’effectif quelques guitares à 12 cordes pour étoffer la résonance sonore. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé en 2011 de fondre et recomposer les deux pièces en une sorte de symphonie pour orchestre à cordes et deux percussionnistes. J’ai aussi ajouté un interlude entre ce qui était Fougères 1 d’une part et Fougères 2 d’autre part : un solo de marimba suivi d’un solo de violoncelle. Sous cette forme, la pièce dure 23 minutes (opus 43; symboliquement, ce nombre est l’inversion de 34 qui correspond aux pièces d’origine).

Mais, vous savez ce que c’est, quelque chose d’inachevé me laissait toujours un peu insatisfait. Je suis donc revenu à mes Fougères en 2013 pour ajouter deux nouvelles sections représentant environ 16 minutes de musique. Dans cette «version intégrale», les parties I et II, de même que l’Interlude, sont demeurées presque comme elles étaient. S’y sont donc ajoutées les parties nouvelles (III et IV).
Fougère arborescente en zone tropicale
L’œuvre dure maintenant 39 minutes et elle fait appel à l’effectif suivant : chœur mixte, trompette solo, orchestre à cordes (l’idéal serait une section complète de cordes d’un orchestre symphonique), trois percussionnistes et une bande sonore. Les percussionnistes jouent : marimba, maracas, tambour à cadre, tam-tam grave et grosse caisse. La bande sonore fait entendre des bruits de nature : des chants de Plongeons huards (oiseau emblématique des lacs nordiques), appels d’une meute de loups, grondements lointain du tonnerre, et une fine pluie qui tombe. Ne pensez pas que cela donne un résultat style «musique de relaxation» : ce n’est vraiment pas le cas! C’est plutôt une musique nordique, sauvage, qui sent l’épinette, et qui n’est pas très confortable en ce qu’elle confronte les citadins que nous sommes à une expérience chamanique. D'ailleurs, les fougères nous font voyager loin en remontant le temps, car elles sont considérées comme des végétaux préhistoriques et «primitifs». Une amie qui se dit bouddhiste me dirait que je les aime parce que j'ai une «vieille âme»! Pourtant, les fougères sont toujours là, abondantes, diversifiées et de toute beauté (de la vraie dentelle verte): ces Êtres anciens font toujours preuve de grande souplesse et adaptabilité, sans renier leur nature.

Je ne peux pas vous faire entendre Fougères. Je souhaite qu’elle soit jouée un jour et que je puisse moi-même l’entendre autrement qu’intérieurement. Mais, en dépit de leurs prétentions contraires, les orchestres d’ici sont bien peu hardis… Alors à défaut de l’idéal, je vous la dépeins en mots.
Fougères est une œuvre modale, au sens «médiéval» : modale comme dans le chant grégorien, ou encore les Ragas indiens. C’est-à-dire qu’il n’y a qu’un seul et unique mode dans toute la pièce. L’échelle est formée de sept degrés principaux, deux degrés associés et un degré «subliminal» qui n’intervient que très discrètement dans les parties III et IV.
(C) Antoine Ouellette, 2005 / 2014
Comme c’est généralement le cas des véritables musiques modales, Fougères est d’abord une musique mélodique et rythmique. On y trouvera néanmoins un peu de contrepoint, mais l’harmonie y est délibérément restreinte. En fait, deux harmonies principales hantent Fougères : l’harmonie de mi mineur (pour moi, la note mi est associée à une forte charge émotive) et une «harmonie déchirée», surtendue (oserais-je ajouter schizophrène?), utilisant les notes modales pour créer comme la superposition de l’accord de mi majeur avec celui de ré mineur (les deux en position renversée) :
(C) Antoine Ouellette, 2014
Quelques autres harmonies se dissimulent ici et là : l’accord fa dièse mineur 7 (dans I) ou l’accord mi-si-ré-la (dans II). Ces différentes harmonies ont, pour moi, des couleurs «éthiques» : il est passablement inutile de les analyser de façon tonale. Je vous en parlerai peut-être dans un article ultérieur…
Matteuccia: Fougère à l'autruche,
celle qui donne les têtes-de-violon au printemps,
la seule fougère comestible du Québec.
Si je laisse l’Interlude de côté, Fougères se présente en quatre parties, la plus vive étant la deuxième, et la dernière étant chantée. En quelque sorte, c’est ma Neuvième Symphonie (que je préfère tout de même à celle de Beethoven!). La Partie I s’ouvre sur une mélodie soutenue mais tournant avec inquiétude autour de quelques sons seulement. Elle est jouée à l’unisson mais alors que Violons 1 et Altos la jouent à l’archet, Violons 2 et Violoncelles la jouent en cordes pincées (pizzicatos) : une sonorité fantastique! Différents motifs explorent le mode de l’œuvre. Il y a un «motif randonneur», un «motif écho» (typique de l’esprit autistique) en harmoniques, un tambourinage étrange inspiré de celui de la Gélinotte huppée… La section centrale de I est comme une musique de pluie (les fougères préfèrent souvent l’humidité!). La section conclusive met plusieurs motifs en contrepoint assez serré. Le seul instrument de percussion convoqué est le marimba : le mélange de sa sonorité avec les cordes est d’une beauté profonde et unique.
Fougères. Début. (C) Antoine Ouellette, 2013
Une photo que j'ai prise à Cap Tourmente, près de Québec, en octobre 2001.
Les «bambous» au sol sont en fait des Prêles d'hiver. Les Prêles sont cousines
des Fougères et, comme elles, elles se reproduisent par spores plutôt que
par graines.
La Partie II de Fougères adopte des tempos plus rapides. Sa première section offre notamment à la contrebasse l’occasion de briller. Au centre, le tambour à cadre fait son entrée, à nu, ponctuant une mesure à 6 temps. Dans le chamanisme, le tambour est un instrument magique permettant le contact avec le monde des Esprits : cette section de II l’utilise ainsi, les cordes représentant le monde de l’invisible. Le tambour mène le jeu : ses battements font apparaître ou disparaître des textures aux cordes, il ordonne aux cordes de se taire lorsqu’elles deviennent envahissantes, de jouer fort ou doux, etc. La section finale de II est toute rythmée par le tambour et va s’accélérant : la pulsation passera progressivement de 56 à 138 battements par minutes, comme en une poussée irrésistible, presque sauvage.

Fougères. Extrait de la Partie II. (C) Antoine Ouellette, 2013
La Partie III fait pénétrer plus profondément dans le mystère qui a inspiré l’œuvre, celui de la nature nordique. Elle est habitée par les voix émouvantes et inquiétantes du Huart et des Loups, sur fond de tonnerre et de pluie fine. Maracas, tambour et marimba font quelques interventions éparses, et les cordes jouent un étrange choral presque chuchoté. De noirs mi graves aux violoncelles et contrebasses soulignent en un moment la menace sourde qui semble planer au long de ces six minutes d’un calme apparent…
De la dentelle: fougère du genre Dryopteris
La Partie IV s’est ensuite imposée d’elle-même : elle reprend la mélodie d’ouverture de l’œuvre mais confiée cette fois à la trompette solo (qui s’ajoute aux effectifs). Elle reprend aussi et développe une «mélodie émue» qui se trouvait en filigrane dans la Partie I. Cette mélodie, je ne pouvais me résoudre à la laisser ainsi en filigrane : elle demandait à s’exprimer plus ouvertement – c’était là un des quelques motifs d’insatisfaction qui m’ont poussé à revenir sur Fougères. La revoici donc, maintenant confiée au chœur mixte. Le texte chanté s’est lui aussi imposé à moi. J’ai déjà dit ma difficulté de trouver un texte que je pourrais mettre en musique en toute bonne conscience. Les textes auxquels je pense se révèlent toujours inappropriés. Il m’arrive même de renoncer à un texte à cause d’un seul mot qui me dérange trop! Je serais incapable de mettre en musique en poème où surgit l’expression «bulles de savon» (quelle horreur!!!) comme Wagner l’a fait… Même en changeant ce mot, sa présence avait déjà gâté à mes oreilles le potentiel du texte. Mais pour Fougères : l’évidence. J’ai composé le texte moi-même sous la forme d’un poème, mais ses mots sont exclusivement les noms latins scientifiques de genres de fougères présents au Québec, chaque genre se déclinant en quatre espèces (elles aussi présentes dans la flore du Québec). Voici ce texte :
Drôle d’idée direz-vous! Pourtant, les sonorités du latin, de même que l’absence de signification et de continuité «littéraires» confèrent au texte une esthétique chamanique qui est tout à fait appropriée ici. Dans IV, les strophes alternées de trompette et des chœurs forment une montée sonore menant à une étrange «cadence» qui rappelle, de manière amplifiée, l’Interlude : les violoncelles jouent une mélodie incandescente, ornée des vives montées-descentes du marimba et de la trompette avec sourdine métallique). Durant tout ce passage, les Violons 1 tiennent un mi aigu très aigu, alors que les contrebasses tiennent un très grave. Suit alors une coda de 14 mesures d’un calme inquiet, avec des accords d’harmoniques en échos. Une soprano soliste des chœurs chante une dernière vocalise éperdue, et Fougères se termine avec le son d’une douce pluie…
Fougères. Extrait de la Partie IV. (C) Antoine Ouellette, 2013

Fougères est une œuvre «modulable». J’en autorise trois différentes versions, ma préférée étant évidemment la dernière :
Version A : Pour orchestre à cordes et deux percussionnistes. Durée : c.23 minutes.
Version B : Tout l’effectif, mais la Partie III (avec bande sonore) est omise, et les maracas remplacent la pluie de la bande dans les dernières mesures. Durée : c.33 minutes.
Version C : La Totale! 

Je rappelle les effectifs complets :
Trompette soliste
Chœurs mixtes
Trois percussions, jouant marimba, maracas, tambour à cadre, tam-tam grave, grosse caisse (jouée horizontalement comme une timbale)
Orchestre à cordes : idéalement la section complète de cordes d’un orchestre symphonique. Violons 1 et 2, Altos, Violoncelles, Contrebasses.
Bande sonore (sons de nature)
Thelypteris palustris:
dessinée par Thomas Moore
dans les années 1850

Pour un orchestre professionnel, l’œuvre n’est pas particulièrement difficile, en dépit de quelques passages techniques pour les cordes, et surtout pour la trompette et le marimba. La musique des chœurs est tout à fait abordable même par de bons ensembles amateurs. Quant aux 39 minutes de durée (pour la version complète), je le répète : ce n’est EN AUCUNE MANIÈRE un argument pour ne pas jouer, puisque les orchestres programment régulièrement des œuvres plus longues (et qui n’ont ni plus ni mieux à dire). Mais je le répète aussi, malgré leurs prétentions contraires, nos orchestres sont bien peu hardis dans les faits. Peu importe.
Quoiqu’il en soit, je trouve que les pièces de mes «opus quarante» sont plus accomplies que celles de mes «opus trente» (celles de ma quarantaine : un ami du compositeur Frederick Delius lui disait que la quarantaine est l’âge ingrat des musiciens). Il y a en elles quelque chose de plus «boisé» qu’auparavant; quelque chose qui se dessinait dans les opus trente mais qui s’épanouit maintenant. Notamment, les types d’harmonies qui fondaient ma musique jusque là ont fait place à de nouveaux types d’harmonies. Ces nouvelles harmonies possèdent cependant elles aussi une couleur éthique plutôt que fonctionnelle. J’utilise d’ailleurs peu, très peu même, les harmonies d’une manière fonctionnelle (accord de dominante, accord diminué, etc.). Je vous reparlerai de cela un jour. 
Un sentier bordé de Prêles d'hiver. Photo que j'ai prise à Cap Tourmente,
près de Québec, en octobre 2001.

SOURCE DES ILLUSTRATIONS: COLLECTION PERSONNELLE ET WIKIPÉDIA