MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

QUI SUIS-JE?

Rubriques:
     BIOGRAPHIE
     MES MUSIQUES PRÉFÉRÉES
     FOI ET SPIRITUALITÉ
     POLITIQUE
Photo: Pedro Ruiz
Je suis né à Montréal en 1960. Après un baccalauréat en sciences biologiques (spécialisé en écologie; Université de Montréal), je me suis orienté vers la musique que j'avais pratiquée parallèlement à mes études scientifiques. Biologie et musique se sont mariées en 2006 alors que j'obtenais un PH.D. (Mention d’excellence) en Étude et pratique des arts (UQÀM), pour une thèse interdisciplinaire intitulée Le chant des oyseaulx : comment la musique des oiseaux devient musique humaine. Désireux de partager ces passions avec un plus large public qui n'est expert ni en musique ni en ornithologie, j'ai tiré de cette thèse un essai biomusicologique paru en 2008 aux Éditions Triptyque sous le titre Le chant des oyseaulx. En 2011, j'ai publié un deuxième livre, toujours chez Triptyque, un essai-témoignage: Musique autiste. Vivre et composer avec le syndrome d'Asperger. Ce qui signifie bel et bien que je suis moi-même autiste de type Asperger. 

Musicologue, je donne régulièrement des conférences, pour tous les publics, et enseigne l’histoire de la musique au département de musique de l’UQÀM. Compositeur agréé et membre votant du Centre de musique canadienne, j'ai composé près de 50 oeuvres musicales dont Bourrasque, pour flûte seule (publiée par les Éditions Henry Lemoine de Paris), Une Messe pour le Vent qui souffle, pour orgue (commande de Radio-Canada), qui s’est méritée les éloges unanimes de la critique, l’oratorio L’Amour de Joseph et Marie donné en tournée dans l’Est du Québec en avril 2000, et Joie des Grives, contemplation symphonique basée sur les chants de onze espèces d'oiseaux du Québec. Cette dernière pièce a été créée en plein air en juillet 2008 au Festival international de Lanaudière (Joliette), sous la direction de Jean-Marie Zeitouni. 

Comme compositeur, la nature m'inspire beaucoup: ses sons, mais aussi ses rythmes et ses formes biologiques. Ma musique doit aussi au chant grégorien que j'ai étudié auprès de maîtres réputés: comme ce dernier, elle est modale, plus rythmique et mélodique qu'harmonique et contrapuntique. Depuis 2006, je pratique le Bharata Natyam, style de danse classique de l’Inde du Sud, auprès de Ginette Dion (http://www.sattvikadanse.org/). J'ai composé deux œuvres, dont l’une chorégraphique, combinant instruments indiens et occidentaux; œuvres données en première en juin 2008. Ma démarche de compositeur participe de la tradition classique occidentale, en y intégrant tant des techniques contemporaines, les grands principes fondamentaux des musiques modales que des données provenant de l'étude de la nature. À la fois méditative et énergique, ma musique porte les échos des sons de la nature, en appelant la civilisation humaine à une meilleure harmonisation avec celle-ci. 

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Ma musique préférée est la musique médiévale en général, et le chant grégorien en particulier. Mon compositeur préféré est donc Anonyme!


Quant aux compositeurs au nom connu, mon préféré, toutes catégories confondues, est l'autrichien Joseph Haydn (1732-1809).
Je pourrais utiliser plusieurs arguments intellectuels pour justifier cette affection, mais ils doivent céder devant la sorte de plénitude spirituelle que me procure sa musique. Elle m’émerveille, me transporte de joie. Je suis très sensible à ce que le musicologue Charles Rosen décrit excellemment comme «un type d’émotion absolument personnel, que nul autre compositeur, pas même Mozart, ne put retrouver : une atmosphère d’extase dépourvue de toute sensualité» (Rosen, C. (1978).  Le style classique. Paris : Gallimard; pp. 449-450).

Mon deuxième choix serait le finlandais Jean Sibelius (1865-1957), qui fut comme le chantre du Nord boréal. Ses 7 symphonies numérotées (auxquelles j'ajoute Kullervo et la Suite Lemminkäinen - des symphonies non numérotées) est, pour moi, le plus beau groupe de symphonies du répertoire... avec celui de Haydn, évidemment.

Parmi les «musiciens non humains», j'ai une affection particulière pour le Plongeon huard (aussi nommé Huart à collier). Cet oiseau ancien fait effectivement entendre une musique qui semble venue du fond des âges et qui, pour moi, possède une aura mystique unique. Le Huart (je préfère ce nom) a le don de faire porter très loin son chant en se positionnant aux meilleurs endroits sur un lac. Entendre ses chants le soir est une expérience esthétique inoubliable.

De nombreuses espèces viennent visiter notre terrain en plein Montréal, des très connues et des plus rares (dont plusieurs espèces de Grives ou le Moqueur chat). Je les aime toutes! Mais j'ai un faible pour le Merle d'Amérique qui vient chanter sous nos fenêtres tôt au printemps, qui égaye l'été et se gave des petits fruits de nos arbres: il le mérite bien.

Ces musiciens ailés ont droit à toute mon admiration, et je préfère leurs symphonies à bien des musiques humaines.

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Je suis chrétien, catholique pratiquant. Je sais: cela se soigne! Mais j'assume, et j'avoue être fier de partager cette foi avec des gens de partout sur la planète. Cette foi est une spiritualité, pas une idéologie sociale, politique, économique, etc. L'histoire enseigne qu'on la pervertit lorsqu'on tente d'en faire une idéologie. Je sais bien que le Credo est une affirmation collective de la foi, mais si je pouvais formuler mon Credo personnel, j'irais vers quelque chose du genre (à perfectionner toujours):

CREDO

Je crois en un seul Dieu : le Père, qui est aussi Mère [1] et Amour [2],
Créateur des univers, du temps et de l’espace.
Il sanctifie terre et eau, air et feu,
Il a fait alliance éternelle avec tous les êtres vivants [3],
Et a manifesté son affection particulière pour les femmes et les hommes.

Je crois en Jésus, son Fils, Christ et humble Seigneur,
Lumière du monde, chemin, vérité et vie [4].
Il a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie,
A assumé la condition humaine jusqu’à la mort,
Et à la mort sur une croix.
Il fut mis au tombeau et est ressuscité d’entre les morts, conformément aux Écritures,
Pour associer le cosmos à sa résurrection.

Je crois en l’Esprit Saint, en la Sainte Église,
À la communion des saints, et à la rémission des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.
Amen.


[1] Jean-Paul II
[2] Saint Jean
[3] Genèse, 9; 14-16
[4] Saint Jean : 8; 12, et 14; 6.
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Thomas Jefferson:
troisième président des États-Unis
et illustre Asperger!
Sur le plan politique, je suis athée. Pour rebalancer les choses, je me situe franchement à gauche depuis quelques temps, notamment en matière économique. Mais pour être franc, ce n'est ni la gauche ni la droite qui m'importent vraiment: c'est plutôt la justice sociale et le bien commun. Je lis ceci que j'aime bien: «J'espère que nous écraserons au berceau cette aristocratie de riches entrepreneurs qui ose se mesurer à l'État dans une épreuve de force et défier les lois de notre pays!» Lénine, pensez-vous? Pas du tout: Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, politicien intègre qui faisait primer le bien commun sur les intérêts individuels, et fier Asperger!

Je ne crois pas du tout à la rhétorique de droite. Surtout après avoir vu ces «chrétiens» des États-Unis pleurer de rage parce que le président Obama venait d'accorder un tout petit minimum de couverture médicale aux quelques 40 millions de citoyens de son pays qui en étaient dépourvus... Comme je l'ai écrit dans Musique autiste: «À mes yeux, le système économique actuel constitue une aberration où les rapports humains tendent à être monnayés, donc pervertis. Pire: c'est au point que bien qu'elle en ait été la première responsable, la droite financière est sortie de la crise économique de 2008-2009 plus influente, arrogante et radicalisée que jamais. Ce sont pourtant les États, ces méchants États, qui ont massivement investi de l'argent public pour la sauver de la catastrophe. Cherchez l'erreur!». Oui, ces bandits ont été renfloués avec notre argent, ce qui ne les empêche pas d'exiger maintenant d'un côté coupures de services publics, tarifications haussières de services publics, privitisations de services publics et, de l'autre, baisse de l'impôt des compagnies (si la tendance se maintient, elles n'en paieront plus du tout d'ici 20 ans), augmentation des abris fiscaux, exemptions de taxes, subventions diverses pour les entreprises, etc. À nouveau: cherchez l'erreur! Tenez encore celle-ci, la plus radicale: «Ils étaient unis et partagaient entre eux tout ce qu'ils possédaient. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l'argent ainsi obtenu entre tous, en tenant compte des besoins de chacun». Les membres d'une commune trotskiste? Pas du tout: les premiers chrétiens, tel que rapporté par saint Luc dans les Actes des Apôtres (Nouveau Testament de la Bible).

En politique, je me garde donc une petit gêne. Dans l'état actuel des choses, comme me l'a dit un ami, si voter permettait vraiment des changer les choses, ce serait illégal! C'est assez bien vu et dit.