MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!

jeudi 1 septembre 2016

RIVAGES. POUR CLARINETTE. PARTITION PDF GRATUITE!

NOUVELLE PAGE ÉCOUTER
J'ai le plaisir de vous annoncer que vous pouvez écouter facilement mes pièces via YouTube sur ma chaîne:
 https://www.youtube.com/channel/UCx4WMUga08Ya9N0TEO0WP5A
Abonnez-vous! La page ÉCOUTER de mon site a aussi été entièrement faite, suite à plusieurs commentaires me disant qu'il était difficile d'écouter mes pièces sur la page précédente. Les liens ont été changés en conséquence dans les articles archivés de ce site portant sur les pièces en question. Bonne écoute!

PARTITION GRATUITE EN PDF: RIVAGES, POUR CLARINETTE SOLO
Ce mois-ci, je vous offre GRATUITEMENT la partition manuscrite de Rivages (opus 49) pour clarinette seule. 

Il me fait plaisir de vous offrir cette partition en PDF. Mais n'oubliez tout de même pas que cette pièce est: (C) Antoine Ouellette. Si elle est jouée en concert public payant, elle doit faire l'objet d'une déclaration SOCAN (SODRAC si elle est enregistrée). Si vous désirez une impression de calibre professionnel de la partition, je vous invite à contacter le Centre de musique canadienne à Montréal: 416, rue McGill, Montréal, QC, H2Y 2G1
T: +1 514-866-3477 / F: +1 514-866-0456 /  
quebec@centremusique.ca
À noter que l'édition du CMC est plus commode qui tient sur 5 pages seulement.
RIVAGES, 
pour clarinette seule (opus 49; 2016)
Pour écouter Rivages: https://www.youtube.com/watch?v=lcUWVyh0KL8
Le clarinettiste David Krakauer
J’ai écrit de la musique de chambre, des pièces orchestrales et des motets pour chœurs. Mais bon nombre de mes pièces ne font appel qu’à un seul instrument. Ce n’est rien de nouveau en soi en ce qui concerne des instruments comme le piano, l’orgue et la harpe auxquels j’ai consacré des œuvres. C’est un peu moins fréquent pour le violoncelle pour lequel j’ai composé deux pièces solistes (Solitudes et Psaume), mais il existe un répertoire solo relativement consistant pour lui. Cependant, j’ai écrit une série de sept pièces (à date) pour un instrument à vent seul, ce qui est moins habituel. Ce sont, par ordre d’opus :

Bourrasque, pour flûte

Présence, pour saxophone alto

Musique sous les étoiles, pour basson

Bouleau jaune, pour trompette

Auberivière, pour flûte

Dent-de-lion, pour hautbois.


Aller à l'essentiel
Au début janvier 2016, s’est ajoutée Rivages, pour clarinette. Toutes ces pièces sont comme des fleurs de solitude. Je crois aussi qu’il s’agit d’une conséquence de mon amour pour le chant grégorien qui est, lui aussi, une musique purement mélodique – les accompagnements pour orgue sont très tardifs : ils datent de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, cela pour un répertoire constitué pour l’essentiel entre les 4e et 10e siècles. Même s’ils sont beaux, ces accompagnements procèdent d’un tout autre langage musical que les chants d’origine et, à mes oreilles, ils sont superflus et sonnent anachroniques.

Pennsylvania Wind Quintet
Écrire pour un instrument mélodique seul représente un défi. Contrairement aux apparences, ce n’est pas plus facile que d’écrire pour un grand orchestre. Pourquoi? Parce que tout est exposé à nu. Parce que l’intérêt doit être maintenu toute la durée de la pièce sans les couleurs variées d’un orchestre. On pourrait voir cela comme de l’ascèse : se concentrer sur l’essentiel, sans artifice. D’une certaine manière, ces pièces pour vents solistes sont comme mes «quatuors à cordes», un genre que cultivent souvent les compositeurs dans une perspective semblable de dépouillement et d’ascèse. Bien que j’aie étudié le violoncelle et que j’ai composé des œuvres pour orchestre à cordes, je n’ai pas écrit de quatuors à cordes. En fait oui, j’en ai écrit deux dans mes premières années de composition. Mais ce n’étaient que des pièces d’apprentissage très maladroites. Le premier, composé lorsque j’étais au CÉGEP, donc vers 17 ans, était en fa mineur et comptait trois mouvements : deux mouvements lents (très chromatiques avec même un thème dodécaphonique) encadraient un allegro agressif. Le second, écrit peu après, était en ré majeur et je ne me souviens d’aucune qualité particulière qu’il pouvait avoir. J’en avais commencé un troisième, avant de l’abandonner. Peut-être que je reviendrai au quatuor un jour mais, pour le moment, je ne me sens pas de motivation. Je préfère donc les pièces solistes.

Chutes Yamaska à Granby (Québec)
Chacune des pièces de cette série pour vents seuls possède son caractère bien à elle : chacune crée son univers. Même les deux pièces pour flûte sont très différentes l’une de l’autre : la virevoltante Bourrasque et la contemplative Auberivière. Et voici Rivages, pour clarinette! En général, les pièces de cette série sont peu ou pas du tout mesurées. Mais Rivages se distingue en l’étant entièrement. J’ai procédé ainsi par commodité : Rivages se déroule entièrement en temps ternaire et, sans barres de mesures, la notation du rythme ternaire peut facilement devenir ambiguë pour l’interprète. De ce groupe, je dirais que Rivages est la pièce la plus concentrée. Ses huit minutes et demi de durée sont entièrement issues de deux tout petits motifs; un motif ondulant (A), comme une onde à la surface de l’eau, et un motif plus mélodique et chantant (B). 
Coucher de soleil sur le traversier. Juillet 2016.
À Sorel, je vis entouré d'eau. Il y a le Fleuve Saint-Laurent qui devient le Lac Saint-Pierre, les Rivières Richelieu et Yamaska (malheureusement très souillées par la pollution). De temps en temps, je prends le traversier (ferryboat, pour mes amiEs de France!) qui part du quai situé à l'extrémité de ma rue pour se rendre de l'autre côté, à Saint-Ignace-de-Loyola. Peut-être est-ce cette situation géographique qui m'a inspiré Rivages. Ironie du sort: Rivages sera créée en décembre prochain sur l'autre rive... de l'Atlantique, en France. Mais cette inspiration n'est pas que de nature impressionniste. Je crois que la forme de la pièce s'en ressent elle-même puisque les deux brèves mélodies que j'utilise peuvent être vues (entendues) comme les deux rives d'un cours d'eau.
Ces deux motifs dialoguent ensemble tout au long de la pièce, et ce dialogue est mis en évidence en recourant à deux registres différents de la clarinette, soit son grave velouté pour le premier motif, et le médium-aigu plus incisif pour le second. Les voici :

Début de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN

Il faut noter que la clarinette est un instrument transpositeur qui sonne un ton plus bas que les notes écrites. Sur la partition, les premières notes écrites (mi, sol, si) sonneront donc ré, fa, la. La pièce serait-elle en ré mineur? Le premier motif semble l’être, mais le second tourne plutôt autour de mi, et la pièce se termine sur un sol (la écrit). Rivages n’est pas tonale : elle est modale, comme à peu près toute ma musique d’ailleurs; modale au sens du chant grégorien ou d’autres musiques modales comme les Ragas de l’Inde. J’ajoute «radicalement modale», parce qu’elle ne contient aucun chromatisme ni transpositions, donc aucune note altérée par rapport à la modalité établie dès le départ avec les deux motifs. «Se concentrer sur l’essentiel», écrivais-je… Ce serait une erreur que de jouer Rivages en cherchant des harmonies implicites : l’harmonie, au sens tonal (avec ses fonctions de tonique, dominante, sous-dominante, etc.), lui est étrangère.


Le monde de Rivages
Îles du Lac Saint-Pierre, près de Sorel-Tracy, ma ville.
Je sais à l’avance que certaines personnes risquent de juger Rivages comme «très répétitive». Or, ce n’est qu’une apparence : il y a en fait très peu de répétitions textuelles! En composant, je n’avais pas en tête une structure verbale (genre : «ici, ce sera le premier thème, là ce sera un développement», etc.). En ce sens, je me suis fié à mon intuition et à mon instinct artistique : Rivages coule comme de source avec, je crois, avec fluidité. Après coup, après avoir pris distance, je discerne qu’il pourrait être possible d’y voir pas moins de 14 sections enchaînées, aucune de ces sections ne reprenant textuellement la musique d’une autre. Pour montrer qu’il n’y a pas de répétition, au sens habituel du terme, je trace le portrait de ces sections en survolant l’itinéraire musical de la pièce. Pour suivre dans le détail, je vous réfère au PDF du manuscrit (les pages mentionnées ci-bas sont telles que marquées dans le manuscrit : la page 1 correspond non à la page titre mais à la première page de musique).

Section 1 : page 1, les trois premières portées et la première mesure de la quatrième portée. Le motif A ondule sur un rythme ternaire simple, avec une durée décroissante à chacune de ses quatre apparitions. Le motif B lui répond de manière contemplative, d’abord sur deux notes seulement (mi et fa dièse écrits), puis en ajoutant une troisième note, la. Les phrases du second motif se terminent en échos et / ou en une note prolongée, qui mènent vers le silence (sauf la troisième phrase). 

Section 2 : les deux dernières lignes de la page 1 et les deux premières de la page 2. Le motif A ondule à nouveau paisiblement et en phrases de durée décroissante, mais sur un rythme différent (4 notes par temps, au lieu de 3). Le motif B cherche à se déployer davantage : il va chercher la note ré, et la note la revient plus souvent. La dernière phrase de ce motif conclut la section en un écho qui se dissipe dans le silence.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 3 : lignes 3 et 4 (Page 2) et les deux premières mesures de la ligne 5. Le motif A ondule sur un rythme nouveau, plus délié. La durée de ses quatre phrases procède autrement : elles comptent respectivement 4, 2, 4 et 2 temps. Le motif B se déploie un peu plus encore, allant chercher la note do dièse et de brefs mélismes en doubles-croches. 
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 4 : Les deux dernières mesures de la ligne 5 et la ligne 6 de la page 2, de même que la ligne 1 de la page 3 et la première mesure de la ligne 2. Le motif A se déploie par vagues du grave vers l’aigu, puis en une grande montée rapide sur tout ce registre. Quelques notes aigües sont tenues, la dernière en se dissolvant dans le silence.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 5 : en page 3, le reste de la ligne 2, les lignes 3 et 4, les deux premières mesures de la ligne 5. Le motif A ondule sur un nouveau rythme, plus délié encore que dans la section précédente. Ses phrases successives sont cependant à nouveau décroissantes. Le motif B n’intègre plus de nouvelles notes : il est parvenu à sa maturité. Mais chacune de ses phrases s’appuie sur un mi grave. La section se termine par un retour du motif A.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 6 : 2e mesure de la ligne 5 et la ligne 6 de la page 3, de même que la première ligne de la page 4. Comme le motif A occupait toute la section 4, cette section 6 est occupée par le seul motif B, toujours bien déployé et avec les appuis sur le mi grave; mais des appogiatures simples s’ajoutent, de même que des groupes rapides (et chaque fois contenant une note de plus) qui amorcent chacune de ses phrases. La section se termine avec quatre notes ascendantes plus longues et marquées.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 7 : lignes 2 à 4 de la page 4. Variante plus volubile de la section 4, sur le motif A. La grande montée conclusive demeure cependant piano, plutôt que crescendo.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 8 : ligne 5 de la page 4. Deux mesures seulement, où ondule le motif A en valeurs égales et plus rapides.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 9 : dernière ligne de la page 4, les deux premières lignes de la page 5 de même que la première mesure de la ligne 3. C’est le grand déploiement du motif B avec davantage d’appogiatures. Ses phrases mettent en dialogue trois registres bien distincts de la clarinette – on entend comme trois clarinettes qui se répondent. La dernière mesure montre une irrégularité rythmique, soulignée par les appuis sur chaque note.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 10 : le reste de la page 5. Le motif A se fait mordant et incisif, lui aussi dans des registres contrastants de l’instrument. Le motif B lui réplique sur deux notes seulement (mi et fa dièse), mais un la éclatant et joué à pleine force termine la section : il s’agit de la note la plus forte de toute la pièce : son sommet.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 11 : la première ligne de la page 6. Tout au contraire, cette section est faite de notes longues jouée très doucement : les notes les plus délicates de la pièce.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 12 : page 6, ligne 2 et les deux premières mesures de la ligne 3. Le motif A ondule vivement (avec les valeurs rythmiques les plus brèves de la pièce : des triples-croches), mais doucement, avant de s’éteindre dans le silence.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 13 : en page 6, la dernière mesure de la ligne 3, les lignes 4 et 5, puis la première mesure de la ligne 6. Seul le motif B est présent, déployé avec sérénité et assurance. Il conquiert même deux nouveaux sons vers l’aigu : le si et le do dièse, avant de se reposer avec une vocalise descendante.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN
 Section 14 : le reste de la page 6 et la page 7. Ici revient l’alternance plus rapide des motifs A et B, un peu comme au début de la pièce. À chacune de ses phrases, le motif A prend un rythme différent, et ces rythmes récapitulent des aspects qu’il a pris au fil de la pièce. Le motif B retrouve le caractère plus allusif qu’il avait au début de la pièce; il fait entendre quelques échos. Sa note la, discrète au début de la pièce, revient plus souvent maintenant, et cette note «magique» conclut la pièce – dans la tranquillité, mais aussi de manière suspendue comme si cette note et le motif B désirait poursuivre sa vie à l’intérieur de qui écoute la pièce.
Extrait de Rivages. (C) 2016 Antoine Ouellette SOCAN

Alors, répétition aviez-vous dit?!

Les enfants autistes adorent apparier des objets selon des caractéristiques communes. On dit aussi souvent d’eux qu’ils aiment les routines, les rituels. Les personnes autistes sont très sensibles aux ensembles dans lesquels jouent des formes de régularité, comme les lettres, les chiffres et autres codes. Leur intelligence repère les irrégularités au sein de ces ensembles qui semblent apparemment homogènes. Or, ces irrégularités ou ces singularités sont des clés : elles contiennent des informations capitales. Lorsqu’on identifie une telle clé, un pays neuf s’ouvre alors, porteur de solutions innovantes ou d’un approfondissement de la nature des choses. J’y reviendrai dans l’article d’octobre. Une musique autiste jouera donc à la fois sur la répétition et les irrégularités. C’est ce qui est au cœur de Rivages, un bel exemple, je crois, de musique autiste. Et j’espère une belle pièce de musique, tout simplement!

D’une manière générale, il y aurait lieu de repenser l’idée de répétition en musique. Au cours des années 1950 et 1960 (et encore plus tard), de nombreux compositeurs de musique contemporain se sont astreints à éliminer toute trace de répétition, considérant la répétition comme une «solution de facilité». Mais essayez de parler ou d’écrire un texte sans jamais répéter un mot! L’idée était absurde et factice. D’ailleurs, une autre musique nouvelle naîtra dans les années 1960 en réaction radicale : la musique répétitive ou minimaliste, pratiquée par des gens comme Terry Riley, Philip Glass ou Steve Reich. Ce style misant sur la répétition intensive de brèves cellules mélodiques se transformant très progressivement, ce style donc sera le dernier style «classique» à obtenir un succès public d’envergure. Aucun n’est parvenu à prendre le relai, et les temps sont plutôt à l’éclectisme, voire le bric-à-brac stylistique. Le procédé de la répétition est abondement utilisé dans les musiques Pop.

Petite rivière en Pologne
En musique, une répétition textuelle n’en est d’ailleurs pas vraiment une. Par exemple, au 18e siècle, une pièce de forme sonate présente deux parties, toutes deux avec des signes de répétitions, ce qui, schématiquement, donne une forme AABB. Les musiciens qui observent le signe de répétition rejouent donc textuellement la musique écrite. Mais ce qui se produit alors est davantage un changement de perspective qu’une répétition. La première fois que la section A est jouée, l’auditeur entend une musique pour la première fois : c’est l’inconnu qui défile dans ses oreilles (surtout s’il s’agit d’une œuvre qu’il écoute pour la première fois). Lorsque les musiciens jouent cette section A une seconde fois, pour respecter la reprise demandée, ce qu’on entend n’est plus de l’inconnu : c’est quelque chose qui était inconnu et qui maintenant s’ancre dans la mémoire. Lorsque les musiciens attaquent ensuite la section B (développement et réexposition, selon le jargon), le connu éclate et part à l’aventure dans de nouvelles directions. Ainsi, il s’établit des jeux d’allers-retours entre le connu et l’inconnu dans lesquels même le connu prend de nouvelles significations. En fait, les interprètes devraient jouer légèrement différemment la musique d’une reprise textuelle : modifier l’ornementation, le tempo, la dynamique, etc.

Rivages n’obéit pas à la forme sonate AABB, avec des reprises textuelles. Mais la pièce utilise à sa manière la répétition : elle l’utilise pour faire naître des mutations dans ses deux courtes mélodies constitutives. Ces mutations donnent chaque fois de nouvelles perspectives, de nouveau point de vue sur les deux motifs. Comme un objet que l’on examine sous plusieurs angles, sous des lumières différentes. Comme les vagues qui arrivent sur une rive et qui ne sont jamais identiques les unes des autres; des vagues qui modifient ce rivage et font scintiller la surface de l’eau d’une manière sans cesse renouvelée. 

SOURCES DES IMAGES: WIKIPÉDIA, SITES COMMERCIAUX ET COLLECTION PERSONNELLE.