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mardi 2 janvier 2024

LA REVANCHE DES MAGES, ou RETROUVER LA SPIRITUALITÉ CHRÉTIENNE

La revanche des Mages.

Ou: Retrouver la spiritualité chrétienne?

1. Respect de la Création

2. Au-delà des religions, vraiment?!
3. Une inquiétante déferlante?

4. L'Évangile à la carte

5. Pratiques spirituelles
6. Le doute n’est pas la foi
 

Le massacre des Innocents,
par Pieter Bruegel l'Ancien (XVIe siècle)



Lorsque Jésus est né, qui donc les Anges et l'Étoile du Seigneur ont guidé vers lui pour l'adorer? Des mages et des bergers. Aucun théologien, aucun bibliste - ceux-là étaient à la cour d'Hérode en train de s'inquiéter de la naissance du Christ et de fomenter le massacre des Innocents... 

Étant à la fois musicien, biologiste et croyant, c'est-à-dire pratiquant à la fois l'art, la science et la foi, je suis l'un de ces mages. J'observe qu'encore aujourd'hui, des théologiens et des biblistes vivent à la «cour d'Hérode» en s'inquiétant de la venue du Christ et de la présence des mages et des bergers auprès de Lui.

Pourquoi s'inquiètent-ils? C'est que les Mages leur semblent prendre une sacrée revanche. 

Respect de la Création

Des druides célébrant l'équinoxe
du printemps à Londres en 2010


Est-ce vrai, est-ce une légende? Des articles rapportent (sans citer leurs sources) que, durant les premiers siècles du Moyen Âge, des missionnaires évangélisateurs chrétiens pissaient dans une source sacrée et abattaient des arbres sacrés pour montrer aux païens qu’il n’y a ni sources ni arbres sacrés. Pour diffuser l’Évangile, certains auraient ainsi fait preuve d’un excès de zèle et d’un manque de respect face à la nature. Pour ma part, je serais totalement incapable d’abattre un arbre sans raison très grave (du genre, il est malade et pourrait tomber sur ma maison), ou de polluer volontairement cette substance si précieuse qu’est l’eau (l’eau que saint François d’Assise considérait comme étant une sœur). Mais il est possible que de tels incidents se soient produits lorsque des évangélisateurs ont tenté de convaincre des païens de passer à la foi chrétienne. Quoi qu’il en soit, les rôles semblent désormais s’inverser : la foi chrétienne décline dans les pays riches (mais elle croit dans les pays «pauvres»), alors que des formes de spiritualités néo-païennes font de plus en plus d’adeptes. C’est comme une revanche des Mages!

Persécution de druides par
les Romains. Dessin de
Thomas Pennant,
1781.


Il faut cependant préciser que les druides étaient déjà persécutés dans l’Empire romain avant même la naissance du Christianisme. Aussi, il n’y a pas eu de chasse aux sorcières au Moyen Âge, du moins pas par des Chrétiens (ce sera l’affaire de la Renaissance, une époque que j’admire plus ou moins. Voir : https://antoine-ouellette.blogspot.com/2022/11/sorcieres-et-abracadabra-de-quelques.html). 

Personnellement, je me sens à l’aise avec la position exprimée par le Pape Grégoire VII en 1080. Ce Pape avait exhorté à ne pas persécuter les femmes considérées comme sorcières, et il a fermement condamné la «coutume barbare» consistant à s’en prendre à elles. Excellent. Les monastères du Moyen âge avaient très souvent un moine spécialiste d’herboristerie et de médecine naturelle. J’ai vu des vitraux de cathédrales avec les douze signes du zodiaque, notamment celle d’Amiens. La dimension cosmologique est fondamentale dans les mosaïques de Ravenne, dans la vision de sainte Hildegarde von Bingen et de saint François d’Assise. 

Une druidesse,
par Alexandre Cabanel
(1823-1889)


La Renaissance, elle, centrera tout sur l’être humain, comme s’il était extérieur au monde : ce fut l’amorce d’une dérive délétère au niveau écologique. Il serait profitable de ramener la dimension cosmologique dans la foi, comme l’a fait par exemple le Pape François dans son encyclique Loué sois-tu.
Voir : Antoine Ouellette: LOUÉ SOIS-TU FRANÇOIS! (antoine-ouellette.blogspot.com)

J’aime bien les sorcières en fait! J’ai même une amie française qui est sorcière et médium. Maître Reiki, elle dit communiquer avec les fées et fait usage de cristaux magnétisés, entre autres choses. Est-ce que, comme Catholique, cela devrait me déranger? Je ne suis pas devenu «mou» avec le temps, mais les croyances de cette amie ne me choquent pas. J’y vois même quelques vertus comme, par exemple, une attitude bienveillante envers les plantes, les animaux et la nature en général, une forme de spiritualité éloignée de la société d’hyperconsommation, une approche douce qui peut soulager la souffrance de certaines personnes. Je connais assez cette amie pour savoir qu’elle ne ferait de mal à personne et que jamais elle ne frauderait qui que ce soit : elle est sereinement convaincue de ses croyances.


Au-delà des religions, vraiment?! 

Hippolyte Léon Denizard Rivail,
alias Allan Kardec (1804-1869),
créateur du spiritisme, très souvent
confondu avec la spiritualité
encore aujourd'hui...


Par contre, je me permets de faire une petite mise au point. Ce qui est habituellement présenté, et depuis quelques décennies déjà, comme «spiritualité» repose sur des assises discutables. Le premier aspect est l'opposition qui existerait entre «spiritualité» et «religion». À mes yeux, il s'agit là de deux dimensions complémentaires qui, idéalement, devraient aller de pair. Une religion sans spiritualité tend à devenir un code de règles bien sec. Une spiritualité sans religion est quelque chose d'évanescent plus ou moins informe. J'observe cependant qu'il arrive que des «spiritualités sans religion» deviennent aussi rigides que des religions sans spiritualité - je pense, par exemple, à des adeptes d'astrologie qui planifient tout en fonction des astres et des constellations... 

Mais il est un lieu commun selon lequel la spiritualité serait «au-delà», «au-dessus» de la religion. Comme il m'a été dit à quelques reprises, la religion serait une «invention humaine», alors que la spiritualité émanerait directement du Divin. Cette prétention chatouille le gentil sceptique en moi! Voici pourquoi. 

Ce qui m'est souvent présenté comme étant spiritualité est en fait un mélange d'ingrédients provenant des religions karmiques (bouddhisme, hindouisme, jaïnisme, etc.). Or, la réincarnation et le karma, loin d'être des réalités démontrées, sont en fait des croyances qui sont des dogmes dans les religions karmiques. Aucune des religions nées d'Abraham (judaïsme, christianisme et islam) n'est fondée sur la réincarnation ou le karma; plusieurs religions animistes ignorent de même ces dogmes karmiques. Il est donc faux de prétendre que «toutes le religions» enseignent la même chose sur ce point (et sur d'autres encore). Donc, la spiritualité n'oblige pas à adhérer à de tels dogmes.

Ce qui m'est présenté comme étant spiritualité relève en fait souvent du spiritisme, ce qui n'est pas la même chose. 

Les cristaux sont à la mode, pour
leurs pouvoirs «magiques» - mais 
ce n'est fameux ni pour l'environnement
ni pour les gens qui les extraient:

https://www.consoglobe.com/pierres-cristaux-planete-cg

L'adepte du spiritisme prétend pouvoir contacter, voire discuter avec des «entités spirituelles». Si certaines personnes se disent médiums et pratiquent le «channeling», la quai-majorité des adeptes de «spiritualité» affirment avoir déjà été témoins de phénomènes extraordinaires. Je leur laisse le bénéfice du doute car, jusque là, c'est bénin. Les choses se compliquent lorsqu'on s'imagine pouvoir contraindre une «entité» à discuter avec nous par le biais de jeux de cartes, d'une table de lettres ou d'invocations en langues étranges... Pour ma part, je trouve que ce serait un bien piètre Ange que celui qui serait tenu d'obéir à des cartes! Donc, la spiritualité ne passe pas nécessairement par l'adhésion au paranormal. 

Ce qui m'est souvent proposé comme étant spiritualité vient avec des objets qu'il faut acheter (talismans, cristaux, chandelles magiques, etc.), des séminaires (pour retrouver nos dites «vies antérieures»), d'innombrables livres (qui reprennent les mêmes quelques idées), etc., bref toute une bibeloquerie dont je ne vois guère la supériorité sur les objets religieux traditionnels, et tout un commerce dont je ne vois pas davantage de supériorité sur le mercantilisme religieux. Cela me semble kif-kif. 

Bref, il y a pas mal d'inventions humaines du côté de la «spiritualité». Cela dit...:

Une inquiétante déferlante?

Des gens s’inquiètent cependant de la montée de cette religion informelle inspirée du paganisme. En novembre 2022, les éditions Novalis (Québec) et les éditions Artège (France) publiaient conjointement un ouvrage de Jean-Christophe Thibaut intitulé Les nouveaux visages de l’ésotérisme. Hihihi, que c'est amusant!!! Il y a deux belles différences sur la page couverture entre l’édition française et l’édition québécoise. C’est la même image sauf que Novalis nomme l’auteur Jean-Christophe Thibaut, alors que l’édition Artège le nomme Père Jean-Christophe Thibaut! Il semble que le mot Père n’aurait pas favorisé les ventes au Québec! Novalis se contente du titre, alors qu’Artège ajoute un sous-titre éloquent : Occultisme, guérisseur, magie. L’inquiétante déferlante.

Je cite ici la 4e de couverture pour un aperçu de l’ouvrage : «Un guide chrétien pour évaluer les propositions ésotériques. En ce début du troisième millénaire, les chrétiens doivent faire face à de nombreux défis, dont ce qu’on appelle la « nébuleuse mystique-ésotérique », de plus en plus présente dans notre société. Cet ensemble de « nouvelles spiritualités » est d’autant mieux accueilli par les jeunes générations qu’il épouse leurs attentes en apportant des réponses aux grandes questions existentielles du moment. Face à cette évolution des mentalités, ce recul de la foi et la progression spectaculaire des nouvelles religiosités, nous pouvons avoir le tournis. Cette victoire de la magie et de l’ésotérisme sur la religion chrétienne est-elle déjà actée ? Devons-nous faire le constat d’une fin inéluctable du christianisme dans les prochaines années? Dans cet ouvrage, Jean-Christophe Thibaut essaye de démêler cet écheveau de l’ésotérisme dans les formes qu’il prend aujourd’hui et montre comment et pourquoi il représente un véritable défi à la foi chrétienne dont il est urgent de prendre conscience».

 


L'Évangile à la carte

La foi catholique est trop souvent devenue 
spéculative et, dans trop de «cours de Bible»,
l'Évangile semble être un corps mort que
l'on autopsie. Toile de Rembrandt (1632)


Bien. Mais j’avoue ne pas être inquiet. Je pense qu’il y a là davantage de danger pour la culture scientifique que pour la foi chrétienne - à l'exception du fait que toutes les gentilles Sorcières que je connais croient en la réincarnation, mais je ne leur en tient pas rigueur dans la mesure où tant de théologiens «catholiques» sont pour le moins hésitants à proclamer la Résurrection. 

Qu'on se le dise franchement: le retour de la «magie» a été possible parce que les Catholiques d’Occident ne semblent plus trop savoir ce à quoi ils et elles croient : j’ai croisé des prêtres qui n’ont plus la foi, des théologiens «catholiques» qui enseignent ouvertement ne plus adhérer au Credo (ces gens trompent carrément autrui et font de la fausse représentation en se prétendant «chrétiens»), et des fidèles qui espèrent que l’Église va «évoluer»… selon leurs vœux personnels. Chacun et chacune semble faire le tri selon ce qui convient à son égo. 

La voix du Barde ancien.
William Blake, 1825.

Il est rare le courage de ce prêtre qui a forcé une agente de pastorale à démissionner parce qu'elle rejetait la virginité de Marie. J'observe aussi que le wokisme et le communautarisme gagnent de plus en plus de Catholiques. Peut-être voient-ils là une planche de salut pour tenter de se faire passer pour «modernes» et exempts des fautes qui ont causé scandales dans l'Église? 

Face à une foi qui s’automutile ainsi, comment reprocher à des gens d’adhérer à la nébuleuse «ésotérique-mystique»? Cette dernière passe pour être une «religiosité à la carte», mais le Christianisme occidental est lui-même souvent devenu une telle religiosité à la carte. Je ne compte plus les fois où j'ai entendu que, l'Évangile, c'est «symbolique», «ce sont des images, des façons de dire», qu'«il ne faut pas prendre à la lettre»... On en prend, on en laisse: c'est à la carte, tout comme les sacrements.

Le vrai danger pour la foi se situe donc à l’intérieur même de l’Église. Alors, cette nébuleuse n’a prospéré que parce que le Catholicisme lui a donné tout l’espace pour le faire : il lui a donné tout l’espace parce que, depuis plusieurs décennies, il ne valorise plus beaucoup sa propre spiritualité. Il s’est absenté du champ de la spiritualité. Trop souvent, les «cours de bible» ont remplacé les pratiques spirituelles et, fort malheureusement, ces cours ratiocinent, spéculent ou dévient trop souvent, qui traitent les Saintes Écritures comme des corps morts que l’on autopsie dans une morgue qui empeste le formol! 

Je n’aime pas non plus l’association du mysticisme avec l’ésotérisme dans l’expression «nébuleuse mystique-ésotérique». Elle semble laisser croire que le mysticisme est proche de l’ésotérisme et contraire à la foi catholique. Or, il existe bel et bien un mysticisme catholique qui a pris de nombreux visages au fil des siècles. Par exemple, saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila étaient clairement des mystiques. Le mysticisme n’en en rien contrairement à la foi catholique. La spiritualité non plus – je rappelle que c’est dans un contexte chrétien et non bouddhiste qu’a été inventé le mot spiritualité lui-même.

Voir : https://antoine-ouellette.blogspot.com/2019/12/levangile-de-noel-ou-levangile-est-il.html

 
En fait, il est possible d'être Mage chrétien ou Sorcière catholique!

Pratiques spirituelles

La science a démontré
les bienfaits de la prière et de
la méditation.
Dessin d'Albert Dürer (1508)

Je suis un enfant du Concile Vatican II. Personne ne m’a enseigné la spiritualité chrétienne. Des cinq ou six paroisses où j’ai vécu et où je suis allé à la messe, je n’ai pas souvenir que l’une seule d’entre elles ait proposé des ateliers pour apprendre et pratiquer la spiritualité chrétienne ou la méditation chrétienne. Les personnes plus âgées que moi savent, ou ont déjà su, comment prier le chapelet; moi, personne ne m’a jamais enseigné comment le faire. Dans les années 1960, c’était considéré comme désuet, de toute évidence même par bien des prêtres. Or, le chapelet est une forme de méditation qui vaut bien la récitation d’un mantra à la manière hindouiste. Des études scientifiques ont déjà montré que le chapelet favorise de nombreux bienfaits physiques et psychologiques, au même titre que le yoga.

Voir cet article avec les avis de plusieurs experts médicaux : https://www.ledevoir.com/societe/sante/100802/le-pouvoir-de-l-esprit

Et pourtant, j'ai rencontré en 2022 une «théologienne catholique» qui ne croit pas à la prière! Or, le Mage chrétien y croit. 

Le chapelet n’est pas la seule forme de méditation chrétienne. Il y a aussi le rosaire. Je devais être dans la vingtaine sinon dans la trentaine quand j’ai entendu parler pour la première fois du rosaire! Plus complexe que le chapelet, le rosaire nécessite une vraie introduction pratique. Comme pour le chapelet, aucune de paroisses où j’ai vécu n’a proposé d’initiation au rosaire. Peut-être prenait-on pour acquis que tout le monde le connaissait, mais c’était loin d’être le cas, surtout chez les plus jeunes. Peut-être considérait-on cette forme de méditation comme désuète, même si le Pape Jean-Paul II l’avait rénové en lui ajoutant les Mystères lumineux en 2002. Cet ajout du Pape n’a pas semblé susciter le moindre enthousiasme là où je pratiquais. Pour prier le chapelet et le rosaire, il faut évidemment croire en la Virginité de Marie: un Mage chrétien y croit.
https://hozana.org/priere/chapelet/rosaire

Dans ma trentaine, j’ai cependant découvert une autre forme de méditation chrétienne que j’ai adoptée (sans la pratiquer toujours autant que je le voudrais, mea culpa). Il s’agit de la méditation hésychaste, ou Prière de Jésus, qui est plus que millénaire et provient d’Orient chrétien. Lucien Coutu, Père de Sainte-Croix, m’y a initié. Le Père Coutu s’est efforcé de faire connaître au Québec les richesses de l’Orient chrétien, dont l’hésychasme et l’art des icônes. J’ai suivi une session d’initiation avec lui. J’ai mon chapelet – cette méditation se pratique avec un chapelet mais différent du chapelet occidental (il n’y a pas de dizaines, juste des nœuds disposés régulièrement sur le cordon qui le forme, avec une petite croix), j’ai aussi un banc de méditation – ce banc fait que je prie à genoux mais assis tout à la fois. Cette méditation se module sur le rythme de la respiration – c’est vraiment oriental! Une invocation de peu de mots est répétée sur le souffle à chacun des nœuds du chapelet. Je ne me souviens pas comment j’étais entré en contact avec le Père Coutu, mais ce ne fut pas par ma paroisse. À nouveau, tout comme le chapelet et le rosaire, aucune des paroisses où j’ai vécu n’a offert une introduction à l’hésychasme. Le Père Coutu s’est vraiment dévoué à cette cause mais, de toute évidence, l’hésychasme demeure une pratique très marginale au Québec. J’imagine que des Québécois qui sont Chrétiens orientaux (catholiques ou orthodoxes) le pratique, mais je ne sais pas.
https://fr.orthodoxwiki.org/H%C3%A9sychasme

Toute proche parente de l’hésychasme, il y a encore la Méditation chrétienne du moine bénédictin John Main (1926-1982). Il existe une dizaine de groupes de méditants au Québec, dont l’un pas plus loin qu’ici dans ma ville! Je trouve que ce groupe est très discret, extrêmement discret même. Il me semble qu’il devrait se faire connaître davantage. Certains ont accusé les adeptes de cette méditation de l’avoir inventé en plagiant la méditation bouddhiste. Ce reproche est injuste, mais il montre à quel point il est devenu incongru de parler de spiritualité et de méditation dans le Catholicisme.
https://www.meditationchretienne.ca/

Dans sa jeunesse, John Main avait dû passer par un maître spirituel malaisien et non-chrétien, Swami Satyananda (1909-1961), pour apprendre à méditer. Ce détour fait, John Main s’est aperçu que des Chrétiens avaient proposé une voie de méditation similaire il y a longtemps, tel Jean Cassien né vers 360 et décédé en 435! Cette pratique était donc plus que millénaire dans le Christianisme, mais elle a été oubliée en Occident – l’Orient chrétien l’a maintenue et Saint Jean Cassien y est plus connu et vénéré qu’en Occident…

Et ce n’est pas tout! Il existe d’autres formes encore comme, par exemple, les Exercices de saint Ignace (1491-1556) – saint Ignace les a lui-même dénommé «exercices spirituels», comme quoi il n’avait pas peur de ce mot! Vous voyez : nous avons l’embarras du choix pour la spiritualité chrétienne et la médiation catholiques!


Le doute n’est pas la foi

L'art de l'icône se pratique
dans le silence et la méditation.

Alors, pourquoi fait-on donc si peu la promotion de ces pratiques? Pourquoi ne l’a-t-on pas fait et depuis si longtemps? Pourquoi ne les fait-on pas connaitre aux plus jeunes? Pourquoi le Catholicisme a-t-il été aussi négligeant et insouciant en la matière? Pourquoi avoir laissé tout la place aux «nouvelles spiritualités»? Et pourquoi s’en prendre alors à ces «nouvelles spiritualités»? Pourquoi laisser entendre que spiritualité et mysticisme sont étrangers à la foi chrétienne? Pourquoi ne vit-on pas la Messe comme la pratique spirituelle qu'elle est, et pourquoi ne célèbre-t-on pas davantage la Messe dans une telle perspective spirituelle?

Ne serait-ce pas parce l’Évangile et le Nouveau Testament sont devenus des objets de doute plutôt que des sources de foi?

Sur le plan méthodologique, la science pose le doute en principe premier : c’est sa logique et c’est bien ainsi. Mais la foi est tout le contraire. Elle est une relation, une relation de confiance : avoir foi est avoir confiance et faire confiance. Aucune bonne relation ne peut se fonder sur le doute. Dans un couple, une famille ou entre amis, la confiance est au cœur de la relation. Tout acte qui brise la confiance risque de faire perdre la foi, la foi envers autrui, envers soi-même, envers l’Église, envers la justice, envers telle institution, etc.

Il y a eu les crimes de prêtres pervers (je précise n'avoir connu aucun tel prêtremais, pas si loin en gravité, il y a les spéculations arrogantes de «biblistes» et les reniements égocentriques de théologiens et théologiennes «catholiques». Ces bonnes gens disent «réfléchir» sur les Écritures: peut-être devraient-ils laisser faire pour plutôt méditer et prier. Eux aussi portent une bonne part de responsabilités dans le passage d'une Église catholique vers une Église chaotique (l'expression est de l'abbé Alain Roy). Le redressement passe non pas par une illusoire «modernisation» mais par une reconnexion à la source spirituelle. 

Être Mage chrétien, c'est suivre l'Étoile du Seigneur.

Sources des illustrations: Wikipédia (Domaine public, PD-US) et sites commerciaux pour les livres suggérés.