MUSIQUE (Composition et histoire), AUTISME, NATURE VS CULTURE: Bienvenue dans mon monde et mon porte-folio numérique!



vendredi 1 mai 2026

LES OISEAUX AU FÉMININ

Les Oiseaux au féminin

Un jour, quelqu’un m’a posé cette question : «Le chant des oiseaux mâles et des oiseaux femelles diffère-t-il essentiellement? Si oui, comment et dans quelle mesure ?»

Comme les oiseaux migrateurs nous reviennent en ce printemps, j’ai pensé vous partager ma réponse, avec quelques éléments supplémentaires où je m’inspire de mon livre Le chant des oyseaulx. Nos amis ailés le méritent bien!


En général...

Le Coq fait Cocorico, mais
les Poules jasent beaucoup!


La règle générale est que la vocalisation «signature» d’une espèce, son chant le plus élaboré, celui par lequel nous pouvons le plus facilement identifier l’espèce, c’est le mâle qui l’émet. Ce chant a plusieurs rôles : affirmation, définition et défense du territoire, séduction…
J'aimerais bien vous dire que les femelles ont des chants aussi élaborés, mais les oiseaux ont leur propre univers dans lequel ce n'est pas le cas. 

Cela dit, la femelle n’est pas muette pour autant! Le Coq fait le Cocorico, mais les gens qui ont des poules savent que les poules jasent beaucoup et émettent une grande variété de sons. Donc, les femelles possèdent, elles aussi, un répertoire vocal doté de plusieurs significations. Bien que moins flamboyant, ce répertoire n’en est pas moins digne d’intérêt.

D’ailleurs, la syrinx, l’organe de chant des oiseaux, est identique chez le mâle et la femelle d’une espèce. Mais les femelles sont généralement plus discrètes vocalement que les mâles. Une raison probable est qu’elles passent plus de temps au nid à prendre soin des œufs et des oisillons : leur discrétion vocale permet de protéger le nid et les petits, éviter qu’il soit repéré par des prédateurs. C’est d’ailleurs probablement aussi une des raisons expliquant le fait que les femelles ont habituellement un plumage moins voyant qui leur permet de mieux se camoufler dans leur milieu.

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APARTÉ: SUPER POULET!

Je vous recommande ce reportage fascinant qui démonte des préjugés! Cet Oiseau est beaucoup plus intelligent qu'on le croit. Il réussi le test du miroir, ce qui démontre qu'il a conscience de soi; il peut apprendre les lettres, et il a des habiletés sensorielles hors du commun. Mais nous lui imposons souvent des traitements et des conditions de vie indignes...
Au fait, quel est le nom de cet Oiseau? Le Coq est le mâle de la Poule, mais comment nomme-t-on cette espèce? En latin, c'est Gallus gallus domesticus. Il s'agit de la version domestiquée du Coq doré, Gallus gallus

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Variantes féminines

La femelle Oriole de Baltimore
possède un chant semblable
à celui du mâle.


Voilà pour la règle générale. Mais toute règle connait des exceptions! Il y a quelques 9000 espèces d’oiseaux dans le monde : à ce nombre, il n’est guère surprenant que toutes ne fassent pas de la même manière.

Alors les femelles d’un certain nombre d’espèces chantent elles aussi.

Par exemple, au Québec, les femelles émettent un chant semblable à celui des mâles chez le Cardinal à poitrine rose, le Cardinal rouge, l’Oriole de Baltimore, la Mésange bicolore et le Quiscale bronzé. En France, ce groupe comprend le Merle noir, l’Accenteur mouchet, le Cincle plongeur et le Rougegorge, entre autres.

Chez d’autres espèces où les deux sexes chantent, la femelle possède un chant spécifique, fort différent de celui du mâle. C’est le cas du Carouge à épaulettes ou du Canard colvert dont le chant classique, Coin, coin, coin…, est celui de la femelle alors que le mâle y va d’un «rheb, rheb, rheb» plus doux. Chez plusieurs Phalaropes, des oiseaux de rivage, c’est la femelle qui émet les sons les plus élaborés (qui demeurent toutefois modestes). Chez ces derniers oiseaux, décidément originaux, c’est aussi la femelle qui a le plumage le plus coloré et souvent le mâle qui couve les œufs et élève les petits!

Chez les Phalaropes, c'est la femelle
qui fait entendre les vocalisations
les plus élaborées.


En Australie existent des espèces d’oiseaux chanteurs qui passent pour être très anciennes. Or, parmi ces espèces, la proportion de celles où mâles et femelles chantent à peu près également est plus élevée. Certains pensent donc qu’anciennement, il y a des dizaines de milliers d’années, les espèces étaient plus nombreuses où mâles et femelles chantaient également. Cela reste toutefois spéculatif.

À travers le monde, on a identifié à ce jour plus de 200 espèces dont les couples chantent en duo. Ce sont surtout des espèces tropicales, mais on en compte aussi dans l’avifaune nord-américaine dont, semble-t-il, le Moineau domestique.

Quelquefois, la femelle émet des chants particuliers pour «accompagner» ceux plus complexes de son mâle : celle du Troglodyte de Caroline «jacasse» et celle du Vacher à tête brune y va d’un «bafouillage strident».

Mais quelquefois aussi, les deux partenaires chantent à égalité. Les Chouettes rayées se saluent avec des combinaisons incroyables divers, des ou-ou-ou roulés, de âh! et de oh! en alternance et en chevauchement. Des fois, nous pourrions croire qu'il s'agit de singes! Les danses nuptiales des Grues du Canada font aussi retentir de tels duos. 

Ces concerts seraient utiles pour coordonner les activités du couple : on aimerait  comprendre ce qu’ils se disent exactement!

Les Grues du Canada ornent leur
danse nuptiale de toutes sortes
de vocalisations.


Chez certaines espèces d’Amérique centrale et du sud (Fourniers, Fourmiliers, Momots, Tyrans, Troglodytes) ou d’Afrique (Gonoleks), l’art du duo s’apprend et se perfectionne. Souvent dans ces cas, les deux oiseaux ne chantent pas simultanément mais l’un après l’autre dans un rythme précis : leurs mélodies respectives s’imbriquent l’une dans l’autre. Cela me fait un peu songer aux chants de gorge Inuits.

Chez les Pics, le tambourinage (bec sur tronc d'arbre) est caractéristique de l'espèce - ce sont des percussionnistes, mais ils ont aussi un répertoire vocal. Or, plusieurs espèces de Pics tambourinent en duo : des duos de percussion! Ils font ainsi lors de leur parade mais encore en période de nidification. Au Québec, ces duettistes sont le Pic mineur, le Pic chevelu et le Grand Pic. Dans le Sud des États-Unis s’ajoute le Pic arlequin.

En passant, les martèlements des différentes espèces de Pics (coups de bec sur des troncs d’arbres ou autres objets) sont caractéristiques de chaque espèce et s’ajoutent à leur répertoire vocal. Le tambourinage du Pic maculé est de rythme irrégulier : il commence rapidement puis ralentit inégalement jusqu’aux quelques coups finaux, évoquant le code morse ou les rythmes syncopés du jazz! Le tambourinage du Pic chevelu est rapide, régulier et soutenu de bout en bout : 27 coups à la seconde – quelle souplesse du cou cela prend! Celui du Grand Pic, presque aussi régulier, diminue de volume à la fin.


Elles ne sont pas muettes...

Charles Darwin en 1882.

Est-ce toutefois suffisant pour revendiquer un «féminisme ornithologique»? Clémentine Vignal, professeure de biologie et d’écologie à la Sorbonne (Paris), ose le faire. Elle soutient que Charles Darwin a faussé les choses! Selon elle, Darwin proposait que les mâles sont ceux qui portent les ornements ou les armements pour favoriser leur accès aux partenaires sexuels. Du coup, les femelles sont plus «passives» – je ne peux pas confirmer si Darwin a bel et bien utilisé ce qualificatif.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Darwin

Selon madame Vignal, la théorie darwinienne a donc influencé les chercheurs au point de leur faire «sous-estimer l’étude de la moitié du monde animal». Chez les oiseaux, je ne crois pas que ce soit vrai. Sur l'idée que ce sont les mâles qui chantent le chant le plus complexe d'une espèce, elle dit qu'il y a de «très nombreuses exceptions». Mais en proportion, les exceptions ne sont tout de même pas «très nombreuses». Elle conclut, et je cite : «La théorie darwinienne est confortable parce qu’elle renforce nos biais genrés. Elle correspond assez bien à ce qu’on attend du féminin et du masculin dans nos sociétés humaines»! 

Hum. J’ai quand même l’impression que l’on plaque sur les oiseaux nos querelles humaines. Les oiseaux sont au-dessus de cela. 


 *          *          *


Chant et chant

Un problème est le sens donné au mot chant chez les oiseaux. Je reprends ici ce que j'écrivais dans Le chant des oyseaulx :

Chez le Pic mineur, la femelle
et le mâle tambourinent en duo: 
un duo de percussions!


En ce qui me concerne, tous les oiseaux chantent, sauf rares exceptions. Et par chant, j’entends cette vocalisation principale qui est propre à chaque espèce, qui constitue sa signature sonore et qui fait que l’on peut l’identifier sans la voir, incluant jusqu’aux tambourinements percussifs, cela peu importe si mes oreilles la jugent mélodieuse ou non. Autrement, je peux accepter les autres caractéristiques du chant, à savoir :

… des vocalisations partiellement apprises et généralement complexes,

… généralement produites par le mâle, principalement lors de la période de reproduction.

Mais encore avec des précautions, parce qu’il y a des exceptions à ces critères : les oiseaux n’entrent pas docilement dans nos petites cases!

Chaque espèce possède donc son chant-signature, mais elle possède aussi un répertoire d’autres vocalisations que l’on nomme «cris». Ce sont des vocalisations brèves et de structure simple, produites par les deux sexes et tant par les jeunes que les adultes. Si les chants captent davantage notre attention, ce sont les cris qui révèlent le mieux la vie intime des oiseaux. L’identification de l’espèce à partir des cris est cependant beaucoup plus difficile à cause de leurs caractéristiques souvent plus discrètes. Toutefois, les cris sont autant caractéristiques des espèces que les chants.

Femelle et mâle chantent en duo chez
des espèces de Troglodytes
(ici: Troglodyte de Caroline)


Mais pour certaines personnes, seuls les mâles des espèces de l’ordre des Passereaux chantent. C’est une erreur d’interprétation bien étrange. Sauf rares exceptions, tous les oiseaux possèdent une syrinx. Donc, sauf de rares exceptions, tous les oiseaux chantent. Mais les humains aiment compliquer les choses et tout ramener à eux!

Dans la classification scientifique des oiseaux se trouve un ordre vaste et varié, les Passériformes ou Passereaux, qui contient plus de la moitié de toutes les espèces d’oiseaux du monde. Statistiquement parlant et avec autant d’espèces, il n’est pas surprenant que la plupart des meilleurs chanteurs parmi les oiseaux se retrouvent dans cet ordre.

Dans l’avifaune de l’Est de l’Amérique du Nord, les Passereaux sont représentés par les Moucherolles, Alouettes, Hirondelles, Geais, Corneilles, Corbeaux, Mésanges, Sittelles, Grimpereaux, Troglodytes, Grives, Moqueurs, Roitelets, Jaseurs, Pies-grièches, Étourneaux, Viréos, Parulines, Moineaux, Pipits, Carouges, Orioles, Tangaras, Cardinaux, Passerins, Gros-becs, Bruants et d’autres encore.

Chez la Chouette rayée, la femelle comme 
le mâle possèdent un extraordinaire
répertoire vocal... même si ce ne sont pas
des Passereaux!

Or quelqu’un quelque part, peut-être un critique musical, a jugé que ces oiseaux chantaient mieux que les autres qui ne font que «crier», et a désigné l’ensemble des Passereaux comme étant les «Oiseaux chanteurs». Cette tradition est demeurée et s’est même incrustée de manière comique, au point que bien des ornithologues considèrent que les Passereaux sont les seuls oiseaux qui chantent parce qu’ils sont des Passereaux et que les Passereaux sont les oiseaux chanteurs parce que les Passereaux sont les seuls oiseaux qui chantent parce qu’ils sont les Passereaux, et tourne le manège! Holà. Le mot passereau vient du latin passer signifiant tout simplement moineau ou petit oiseau.
https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition-passereau/

Aucun rapport avec le chant. D’ailleurs, les Passereaux sont aussi surnommés «oiseaux qui se perchent» (perching birds, en anglais), même s’ils ne sont pas plus les seuls à se percher qu’à chanter!

Le Guêpier d'Europe.
Par John Gould, 1837.


On a transformé un simple surnom en convention, voire même en «fait» scientifique auquel certains tiennent mordicus comme s’il en allait de l’avenir de l’humanité. Pourtant, tous les Passériformes ne sont pas de grands chanteurs, loin de là! Par exemple, les Moucherolles possèdent un chant si limité, du moins aux oreilles humaines, que leur onomatopée suffit pour nommer l'espèce: Moucherolle phébi, Moucherolle tchébec... Cela n'annonce pas de grandes symphonies! Certains Passereaux chantent-ils qui pépient comme le Moineau, ou croassent comme la Corneille? En comparaison, il faut écouter le Guêpier d’Europe. Il n’est pas un Passereau, mais un Coraciiforme, du même ordre que les Martins-pêcheurs. Mais quelle musique! De la puissance, de la virevolte, de la fantaisie, un timbre superbe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gu%C3%AApier_d%27Europe.

Ses admirateurs ont mis en ligne sur Youtube plusieurs exemples de son art.

Et il ne chanterait pas, alors que le Moucherolle tchébec, lui, chanterait?! Vous allez vraiment le vexer, avec raison. Les partisans du «Seuls les Passereaux chantent» vont reconnaître du bout des lèvres que, bon, quelques autres oiseaux chantent, mais si peu…

Notre autocentrisme nous joue des tours. Le principal critère de la définition ornithologique du chant provient non pas des oiseaux eux-mêmes, mais de notre goût musical à nous! En effet, le terme «chant» désigne les vocalisations d’oiseaux qui «semblent musicales ou chantées à nos oreilles», «lorsque ces sons paraissent mélodieux à l'oreille humaine, ils sont désignés sous le terme de chants». (https://fr.wikipedia.org/wiki/Vocalisation_des_oiseaux)

Pourtant, les goûts se discutent et toutes les musiques humaines ne paraissent pas si harmonieuses à tous. Le Rap est peu mélodieux, alors que le Métal passe pour du bruit à certaines oreilles. Peut-être que les œuvres sérielles d’Arnold Schoenberg ou de Pierre Boulez ne devraient pas non plus être considérées comme de la musique… Reste qu'à un niveau strictement scientifique, il est pour le moins bizarre d'introduire un critère esthétique et subjectif pour évaluer des vocalisations d'oiseaux.

Source des illustrations: Wikipédia (Domaine public, PD-US)


mercredi 1 avril 2026

EN FRANÇAIS!

En français, ce n'est pas si difficile!

1. Une langue internationale, mais si difficile?

2. Difficile : plus on le dit, plus ce le sera.
3. Déficit de motivation
4. «Une mer anglophone» : Faux
5. Jeux de l’esprit
6. Difficile pour de mauvaises raisons
 

Paysage de France: un champ de lavande
en Provence.

Me croirez-vous? Presque tous les titres de mes compositions sont en français! Il y a quelques exceptions pour des titres en «italo-latin musical» comme, par exemple: Missa feminina, Sonata Angelica ou Credo. Est-ce que cela pourrait affecter négativement la diffusion de mes œuvres? Je ne le sais pas. Mais j'observe que d'autres compositeurs de musique classique contemporaine utilisent l'anglais même s'ils ne sont pas anglophones. J'observe aussi que des musiciens qui font ce que je pourrais appeler de la «musique semi-classique» recourent souvent aux titres anglais, à nouveau même lorsqu'ils ne sont pas anglophone. Un petit diable me susurre à l'oreille que je rate peut-être quelque chose.

Je n'ai rien contre l'anglais, ni contre telle ou telle langue. Les langues sont des outils extraordinaires de communication. Mais ma langue est le français. Je trouve que le français n'est pas considéré à sa juste valeur, pas même ici au Québec. 

Je ne suis pourtant pas un «ayatollah de la langue»! Je tolère sans problème une certaine marge d’erreur pour autrui et pour moi. Mais j’avoue mon agacement d'entendre dire qu'apprendre et écrire le français, c'est «difficile»! Je ne parle pas ici d’étrangers qui désirent apprendre le français, mais des Québécois et des Québécoises dont le français est la langue maternelle. Des gens qui ont été scolarisés en français pendant plusieurs années! Je me demande si les Hongrois, les Lithuaniens ou les Laotiens ont de tels complexes face à leur langue. On dirait que de plus en plus de Québécois sont mal-à-l’aise d’utiliser cette langue qu’ils semblent percevoir comme un dialecte régional. 

Impératif français | Ensemble, on va plus loin (imperatif-francais.org)

J’ai malheureusement souvent assisté à des scènes où un Québécois «de souche» s’adresse, par réflexe, en anglais à toute personne qui ne lui semble pas être «de souche». J’ai même vu un «de souche» s’obstiner à parler en anglais à un Québécois d’origine vietnamienne parlant parfaitement français et ne connaissant pas un mot d’anglais! Quel message envoyons-nous à faire ainsi? «Le français est le petit dialecte des «de souche». La vraie langue commune est l’anglais». Or non, au Québec, c’est bel et bien le français. De par la loi, le Québec est un État francophone. Sans surprise, le français subit un certain déclin au Québec, sans parler du reste du Canada – le gouvernement fédéral exerce souvent une francophobie passive…
https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/812533/chronique-francophobie-passive?

Les Hongrois, les Lithuaniens, les Laotiens font-ils preuve d’aussi peu de fierté face à leur langue?

 

Une langue internationale, mais si difficile?


Le Château Frontenac à Québec.
Le Québec est un État officiellement
français, et la langue comme est sensé
y être le français...


Alors, je débute en donnant des faits bruts pour deux questions.

Le français est-il une langue locale ou internationale? Voyez :

 * En 2023, le français est parlé sur tous les continents par environ 321 millions de personnes: 235 millions l'emploient quotidiennement et 81 millions en sont des locuteurs natifs.

* En 2018, 80 millions d'élèves et étudiants s'instruisent en français dans le monde.
Selon l'Organisation internationale de la francophonie, il pourrait y avoir 700 millions de francophones sur Terre en 2050.
* Le français est la cinquième langue parlée au monde après le mandarin, l'espagnol, l'anglais et l'hindi.
* Le français est la deuxième langue apprise sur le globe et la troisième langue des affaires et du commerce.
* Le français se classe deuxième parmi les langues étrangères les plus fréquemment enseignées à travers le monde.
* Le français est la quatrième langue la plus utilisée sur Internet après l'espagnol, le mandarin et l'anglais, langue dont le vocabulaire a été fortement enrichi par le français.  
* Dans le monde, 27 États ont le français comme langue officielle. 

Donc : oui, le français est une langue internationale.

Le français est-il une langue difficile?

Cette fois, la réponse est plus nuancée.

D’une part, selon l’UNESCO, le français est la dixième langue la plus difficile à maîtriser. Le classement va ainsi :

1. Chinois mandarin

2. Grec
3. Arabe 
4. Islandais 
5. Japonais 
6. Finnois
7. Allemand 
8. Danois 
9. Norvégien
10. Français 

Si vous trouvez le français difficile,
essayez le mandarin pour voir... 
Manuscrit du XVIIIe siècle.


Les critères de ce classement sont toutefois théoriques. Ils portent sur la structure de la langue et sur ses particularités. Mais les choses changent lorsque le critère devient la difficulté d’apprendre concrètement une langue. Ainsi, selon Global Lingua, les dix langues les plus difficiles à apprendre sont :

1. Gaélique écossais

2. Hongrois
3. Danois
4. Japonais
5. Finnois
6. Islandais
7. Thaï
8. Grec
9. Arabe
10. Chinois mandarin

Six langues sont communes aux deux listes : danois, japonais, finnois, islandais, grec, arabe et mandarin. Mais le français ne figure plus dans cette deuxième liste. Cela signifie que, dans la pratique, le français est plus facile à apprendre qu’il n’en a l’air. Cela signifie aussi que le français est plutôt simple dans ses principes généraux, mais subtil dans ses détails. L’art est d’apprendre ces nombreuses subtilités!

Les Hongrois parviennent pourtant à apprendre leur langue (qui n’est parlée que dans leur pays).

Quelle est la langue la plus facile au monde? Non, ce n’est pas l’anglais, même pas le «basic English» baragouiné de par le monde. La langue la plus facile serait le swahili, une langue africaine!

 

Difficile : plus on le dit, plus ce le sera.

Apprendre le français semble devenu
comparable à une pénible escalade!
Gravure de Gustave Doré, 1865


Mais ces temps-ci, tout semble TRÈS DIFFICILE en français. Ma génération était-elle si géniale d'avoir appris à écrire le français avec peu ou pas de fautes?! Comment en est-on arrivé à ce que les écoles fabriquent tant d'«analphabètes éduqués», y compris de niveau universitaire?! Comment un système éducatif peut-il justifier que tant de gens suivent 10, 15 voire 20 ans de scolarité sans arriver à bien écrire le français?

Que proposent des «spécialistes» en réponse aux gémissements d’élèves? Ils commencent par accuser le français d’être une langue «élitiste» - ce qui est complètement faux : au Québec, le français est une langue populaire depuis l’époque de la Nouvelle-France! Ensuite, ils proposent leur version personnelle de la «simplification» de l’orthographe et de la grammaire. Certains proposent d'éliminer les doubles consonnes, comme le n de consonne, et donc d'écrire «consone». B'en oui, en français, c'est «difisil». Pourtant, personne ne gémit lorsqu'il y a la même chose en anglais: full ou dull, par exemple - en passant, malgré la seule différence de la première lettre, le «ull» de ces deux mots ne se prononce pas de la même manière. Mais c'est de l'anglais, donc c'est «fasil».

En français, il faut éliminer les «ph». Il semble qu'il était TRÈS IMPORTANT d'écrire «nénufar» au lieu de «nénuphar» - mot que, comme vous le savez, nous employons tous les jours. Les «ph», c'est «difisil» en français. Pourtant, comment les anglos écrivent-ils ce mot? «Nenuphar». En français, il faudrait «éléfant» (et pourquoi pas «éléfan»?); pourtant, en anglais, c'est «elephant» et c'est bien plus «fasil»! Pouvez-vous me dire la différence?!?! Faudrait-il écrit «filozofi» pour faire plus «fasil»? Pourquoi alors est-ce «philosophy» en anglais? Les anglophones sont-ils plus intelligents que nous?

Parvenir à bien écrire le mot «éléphant»
est un exploit surhumain en français!
Mais écrire «elephant» en anglais est tellement facile!


Tant qu’à y être, certains revendiquent de pouvoir «écrire au son», sur la base qu’avant la fondation de l’Académie française au XVIIe siècle, les divers auteurs écrivaient au son. La belle affaire! Ce n’était pas plus simple. Chaque mot pouvait s’écrire d’une multitude de manières et, souvent, on les truffait des lettres fantaisistes. Je vous suggère l’expérience de lire du français médiéval – je vous souhaite bonne chance à l’avance! Comment écrire au son «Ils ont deux ans»? «Il zon deu zan»?! Le français ne peut pas s’écrire au son – l’anglais non plus, soit dit en passant. D’ailleurs, plusieurs particularités du français écrit sont des conséquences du français parlé. Par exemple, plusieurs noms communs se prononcent de la même manière au singulier et au pluriel; à l’écrit, il fallait modifier la graphie pour signifier le pluriel.

Plus on répète que quelque chose est difficile à apprendre, plus la chose sera effectivement difficile à apprendre. Cela vaut pour l’apprentissage de n’importe quoi. Taper sans cesse sur le clou du «C’est difficile» rend l’apprenant mal-à-l’aise. Cela crée des tensions, de la raideur psychologique et jusque des blocages de longue durée. Au final, une telle attitude est complètement contre-productive. Imagine-t-on une professeure de piano répéter à satiété au petit enfant de 7 ans à qui elle enseigne que «Tu sais, le piano, c’est très difficile, vraiment très difficile»? De même, enseigner les exceptions avant que la règle générale ne soit assimilée est une très mauvaise pédagogie. Imagine-t-on la même professeure donner comme premier morceau à l’enfant une Sonate de Beethoven?! Tout domaine d’apprentissage exige du temps, du travail, de la patience et de la persévérance. Mais si la méthode pédagogique est valable, on y arrive – on sait bien écrire le français après quelques années d’étude. Si plusieurs élèves n’y arrivent pas, ce n’est pas la langue qui est fautive : ce sont les méthodes qui sont défectueuses, ou alors des éléments contextuels divers qui sont défavorables, ou encore des problèmes de santé (dyslexie et autres) qui entravent la progression.

 

Déficit de motivation

J’ai devant moi une grammaire française (langue «difficile») et une grammaire espagnole (langue «facile»). Les deux ont pourtant à peu près le même nombre de pages. J’ai aussi devant moi un livre de conjugaison pour le français et un pour l’espagnol : le premier devrait être beaucoup plus volumineux que le second (la conjugaison française est plus irrégulière que l'espagnole) et pourtant non, eux aussi ont à peu près le même nombre de pages. C’est bien pour dire…

«Mais en français, il y a le participe passé d’avoir!». Je consulte ma Grammaire. La règle est plutôt simple : «Le participe passé conjugué avec avoir s’accorde en genre et en nombre avec son complément d’objet direct s’il en est précédé». Par exemple : J’ai acheté des fleurs / Les fleurs que j’ai achetées. D’accord, il y a cinq pages de règles particulières dans ma Grammaire. Mais franchement, bon nombre de ces cas particuliers concernent des tournures de phrases rares, voire très littéraires.

Quant aux mots et à leur orthographe, eh bien, on les apprend, tout simplement! Si je désire apprendre telle langue, je l'apprends. Je l'apprends telle qu'elle est. 

Pascal Zesiger, psycholinguiste à l’Université de Genève, affirme que, pour les enfants, il n’y a aucune langue qui soit plus difficile qu’une autre. Entre 18 et 24 mois, l’enfant apprend 8 à 10 mots nouveaux par jour, si bien qu’à 4 ans l’enfant maîtrise les bases de la langue, quelle que soit cette langue. À partir de l’âge de 7 ans, l’apprentissage de la langue est d’abord et avant tout une question de motivation : si la motivation n’y est pas, ce sera difficile.

Il se peut donc que plusieurs de nos élèves québécois ne soient pas très motivés à apprendre le français. Il faut se demander pourquoi.  

 

Une «mer d’anglophones». Faux.

Contrairement au mythe de la «mer anglophone»,
les langues latines sont bien représentées
en Amérique du Nord, et elles dominent largement
les Amériques (vue de Mexico)


Nous justifions avec l’argument voulant que «Nous sommes une petite minorité dans un océan anglophone». C’est une demi-vérité. On oublie fréquemment le fait qu’il y a non pas deux mais bien trois pays sur le continent nord-américain : le Canada, les États-Unis et, oui, le Mexique. Or, le Mexique compte quelques 127 millions d’habitants qui parlent espagnol. Donc, en Amérique du Nord, les langues latines sont bien présentes. Au niveau des Amériques, les langues latines prédominent largement sur l’anglais, et le français lui-même est bien implanté dans les Antilles. L’espagnol est la deuxième langue la plus parlée au monde, après le mandarin. 
L’espagnol se répandant de plus en plus aux États-Unis, 29 États américains se sont senti la nécessité de déclarer l’anglais comme étant leur langue officielle et de le protéger par des lois. En fait, 50 États des États-Unis ont des lois protégeant l’anglais! Curieusement, des gens sont fâchés que le Québec ait une telle loi pour protéger le français. Même l’ambassadeur des États-Unis au Canada s'est permis de faire la morale au Québec pour sa loi protégeant sa langue! Ce qui vaut pour l’anglais aux États-Unis ne vaudrait donc pas pour le français au Québec, le seul État officiellement francophone sur le continent! Curieuse logique…
https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/usa_3pol-etats.htm
 

Jeux de l’esprit

Le français a été une langue de littérature
avant même d'avoir été codifié pour l'écrit!
Par exemple, La Chanson de Roland, écrite
dès la fin du XIe siècle. Miniature inspirée
de cette œuvre épique qui compte
pas moins de 4000 vers! 

La langue espagnole a bénéficié d’un extraordinaire concours de circonstances qui lui a donné d’être plus régulière et simple dans son orthographe et dans sa grammaire. Au début du Xe siècle, dans les monastères bénédictins de San Millán de la Cogolla et de Santo Domingo de Silos, des moines de génie ont codifié l’espagnol d’une manière exemplaire – il faut le dire : plusieurs langues, incluant des langues amérindiennes, ont été mises par écrit par des religieux chrétiens, un apport culturel capital.
https://www.telemartin.tv/origines-espagnol/

Or, ce travail a été réalisé avant même que l’espagnol ne devienne une langue de littérature : les premières traces de littérature en espagnol datent du XIIe siècle.

C’est dire que lorsque des poètes et des écrivains voulurent utiliser l’espagnol pour leurs œuvres, ils avaient à leur disposition une codification écrite déjà bien rodée.

Tel ne fut pas le cas pour le français. Très tôt, le français a été une langue littéraire. Très tôt, c’est-à-dire longtemps avant sa codification. Il y a des masses d’exemples, dont… :

Les histoires animalières du
Roman de Renart (XIIe siècle).
Dessin d'Ernest Henri Griset (1869)

* Le poème épique La chanson de Roland. Fin XIe siècle.
* Le cycle romanesque de la Table ronde et du Graal. Entre autres, par Chrétien de Troyes, XIIe siècle.
* Les récits animaliers du Roman de Renart. XIIe siècle.
* Le Roman de la Rose. XIIIe siècle.
* Le satirique Roman de Fauvel. XIVe siècle.
* Les chansons des Trouvères. XIIe et XIIIe siècles.
* Les œuvres du poète Rutebeuf. XIIIe siècle.

À la fin du XIIIe siècle, c’est en français que Marco Polo a dicté les récits de ses voyages.

Le plus ancien poème, de même que le premier texte de loi écrits en français datent du IXe siècle.

La langue n’étant pas encore codifiée, l’orthographe et la grammaire variaient d’un auteur à l’autre. Le mot «auteur» lui-même pouvait s’écrire aucteur, acteur, auteur, autheur.

La première grammaire
du français n'a été publiée
qu'en 1530... par un Anglais!


Les choses ont commencé à changer au XVIe siècle. La première grammaire du français, intitulée Lesclarcissement de la langue francoyse fut publiée en 1530… par John Palsgrave, un Anglais! D’autres livres de même type se succédèrent au cours du XVIe siècle. Le tri devait se faire : tout un chacun ne pouvait pas accoucher de sa propre grammaire...
https://correspo.ccdmd.qc.ca/document/bon-chic-bon-genre-a-la-page/la-grammaire-du-francais-au-xvie-siecle/?action=genpdf&id=18551

C’est donc suite à la création de l’Académie française au XVIIe siècle que le français sera enfin codifié.

On a prêté toutes sortes d’intentions obscures ou malveillantes à cette institution – un relent de complotisme sans doute. Reste qu’il fallait élaguer et normaliser. Même si la grammaire française vous semble compliquée, sachez que c’est à sa simplification qu’a œuvré l’Académie!

Gutenberg, dont l'invention favorise
la normalisation des signes musicaux... 
et de certaines langues, dont le français


Il n’y a pas que l’Académie. Il y a aussi la technologie. En 1450, Johannes Gutenberg invente l’imprimerie ou, plus exactement, la presse mécanique à caractères alphabétiques mobiles métalliques. Cette invention révolutionnaire permet d’imprimerie plusieurs exemplaires identiques d’un écrit. Elle entraîne rapidement la création de maisons d’édition. Mais aussi, à cause du coût et du nombre de caractères mobiles à manier, elle force à la normalisation. L’imprimerie a donc contribué à normaliser des langues, mais pas que des langues : elle a aussi normalisé la notation musicale. À la fin du XVe siècle, il existait une multitude de systèmes de notation écrite de la musique et, du coup, une pléthore de signes musicaux. Plusieurs signes musicaux différents à l’écrit signifiaient pourtant exactement la même chose. Et c’était aussi ainsi dans le français écrit avec des mots qui pouvaient s’écrire de multiples manières. Sur le plan technique, l’imprimerie ne pouvait pas fonctionner avec tant de doublons. Il fallait élaguer et normaliser. Ce sera fait pour la musique et, sans surprise, ce le sera aussi pour le français écrit. Mais il a été conservé une part de son inventivité, dans les mots, les accords, les tournures – part héritée de sa longue tradition littéraire, d’où ces fameuses «exceptions». Ce sont moins des «exceptions» que des mots qui sont comme des êtres en eux-mêmes, chacun avec sa personnalité.

Marc Favreau et son clown Sol:
un virtuose du français!
La codification du français
n'a pas du tout entravé sa
prédisposition à la créativité.


Cette normalisation n’a pas brimé la créativité des écrivains et poètes de langue française, loin de là! Le français était une langue littéraire exceptionnelle avant sa normalisation, et il le restera tout autant après. De mon Québec, je pense à la fantaisie vertigineuse de Marc Favreau avec son personnage du clown clochard Sol, à celle de Réjean Ducharme, etc. ; je pense à nos nombreux mots inventés, les québécisme ou canadianismes – bleuet, traversier, poutine, courriel, coudon, dépanneur, etc.!
https://www.je-parle-quebecois.com/

En France, la virtuosité de Raymond Queneau (1903-1976) est incroyable! Mais ces possibilités infinies proviennent de la langue elle-même. Et il y a le français des Antilles, le français africain, etc. 

Le vocabulaire français semble, lui aussi, infini. Je me demande alors pourquoi tant de gens ici au Québec recourent à des mots anglais alors même que leur équivalent français existe. Comme ce «peak» que j’entends souvent : en français, c’est «pic» et il y a une lettre de moins…

Le français est tout autant une langue d'une
rigueur chirurgicale pour les sciences.
Marie Curie avec Henri Poincaré en 1911.


L’orthographe et la grammaire françaises reflètent la créativité de cette langue. Cela dit, le français est aussi une langue d’une précision exceptionnelle, une précision même chirurgicale, qui en fait une langue majeure de la science : Blaise Pascal, René Descartes, Denis Diderot (idéateur et rédacteur en chef de L’Encyclopédie, œuvre-phare du XVIIIe siècle), Louis Pasteur, Marie Curie, Henri Poincaré (fondateur de la théorie du chaos), l’abbé George Lemaître (créateur de l’idée d’«atome primitif» et d’univers en expansion), les vulcanologue Katia et Maurice Krafft, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, et combien d’autres encore. Si l’anglais a fini par coiffer les autres langues en sciences, il existe toujours de nombreuses revues et publications scientifique en français – voyez ceci :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_revues_scientifiques_francophones

Le français favorise les jeux de l'esprit. Il devrait donc être enseigné par le jeu!


Difficile pour de mauvaises raisons

Le saviez-vous? Pour bien chanter, les oiseaux doivent chanter:
ils doivent entretenir leur voix et leur technique. 
Étude ornithologique, Anonyme, Allemagne, c.1890

Alors, pourquoi le français semble devenu si difficile? Une explication me semble incontournable : le français devient difficile parce qu’on l’utilise moins. Au Québec, bien des gens travaillent au moins en partie en anglais; bien des gens écoutent surtout des chansons en anglais et regardent surtout des téléséries et des films en anglais; bien des gens lisent peu ou pas en français ; bien des gens écrivent peu – encore moins à la main, alors qu’il est su qu’écrire à la main favorise davantage l’intégration des connaissances, etc. 
Une langue rouille de plus en plus quand on l’utilise de moins en moins. Et plus elle est rouillée, moins motivant semble son apprentissage ou son perfectionnement. Au Québec, le français est la langue seconde, voire la troisième langue d'un certain nombre de personnes, ce qui ajoute des défis.

Une langue, y compris une langue maternelle, doit être entretenue. Même les oiseaux doivent chanter pour entretenir leur chant! Cela vaut d’ailleurs pour beaucoup de choses : cessez de pratiquer un sport et vous allez rouiller…

Le français est une langue ludique: la meilleure
manière de l'apprendre et de le parfaire est
de jouer avec!


Cela nous met face à nos contradictions. En 2022, des employés des Francofolies de Montréal, un important festival de la chanson francophone, révélaient devoir travailler… en anglais! L’organisme, grassement subventionné, a répondu que c’est au nom de la «diversité» et de l’«inclusion»! Je ne comprends pas pourquoi l’anglais qui s’impose partout serait davantage inclusif. Je comprends encore moins qu’en un temps où l’on n’a que le mot «diversité» à la bouche, cette prétendue diversité se fait uniquement en anglais... Vive la diversité culturelle… en autant que ce soit uniquement en anglais! C’est le Québec, le Québec français, qui est un facteur de diversité en Amérique du Nord. Alors, si l’on tient tant à la diversité, nous devrions promouvoir le français, quitte à le protéger aussi par des lois fermes. Dans les faits, la diversité culturelle de l’humanité est en baisse, tout comme la biodiversité sur Terre – ces deux pertes sont interreliés.

L’anglais attire aussi (surtout?) à cause du «rêve américain», c’est-à-dire états-unien. Mais franchement, je vois mal en quoi les États-Unis sont enviables présentement (et depuis longtemps en fait). Le rêve n’est qu’un mirage.

Ladite «écriture inclusive» exclut
beaucoup de personnes en leur
compliquant l'accès au monde de l'écrit.
C'est une fausse bonne idée.


Le français n'a pas à être un terrain de guerre pour des groupes divers. Certaines personnes revendiquent une «langue écrite inclusive». Le français offre déjà plus de visibilité au féminin que d'autres langues comme, par exemple l'anglais. Mais il faudrait que ce soit la parité totale. Le français offre déjà toute la souplesse pour féminiser des termes et trouver des tournures inclusives. 

Mais oups! Ceci ne suffit pas car, selon les mêmes «progressistes», il faudrait aussi «dégenrer» le français! Réalise-t-on l'absurdité de demander À LA FOIS plus de féminisation et moins de «genre»?! La solution proposée (que l'on cherche à imposer souvent de manière agressive avec insultes à la clé pour qui contrarie) est une langue écrite malmenée et surchargée de points. Le français a déjà un orthographe et une grammaire imaginatives, il est contreproductif d'en ajouter. 
Pire: cet écrit «inclusif» exclut beaucoup de personnes en leur rendant encore plus problématique l'accès au monde de l'écrit. Les cas de dysphorie du genre se situent sous le 1% (Statistique Canada). L'écriture dite inclusive pose des problèmes aux malvoyants, aux gens ayant de la dyslexie et autres du genre - ces difficultés sont rapportées par de nombreux organismes. Les personnes dyslexiques représentent près de 20% de la population du Québec; les personnes ayant une déficience visuelle sont près de 5%. De plus, 19 % des Québécois sont analphabètes (niveaux -1 et 1 de littératie) et 34,3 % éprouvent de grandes difficultés de lecture et se situent au niveau 2 de littératie - le niveau 5 de littératie correspondant à une maîtrise élevée de la langue.

Plus la graphie de la langue écrite est lourde, plus ces gens sont exclus du monde de l'écrit et marginalisés. Je ne vis pas ce problème, ni les promoteurs de l'«écriture inclusive», mais je n'oublie pas les personnes, nombreuses, qui le vivent. L'accès à l'écrit, ne serait-ce que comme outil de communication, doit primer. Penser aux personnes dyslexiques et malvoyantes est moins sexy, mais cela concerne bien davantage de personnes. 
Voir notamment: 

Apprendre une langue est comme apprendre n’importe quoi : cela exige du travail, du temps, de la patience, de la persévérance. Ce sont des valeurs qui se raréfient…

Alors, il faudrait retrouver un plaisir fondamental du français : le jeu! Amusons-nous!

Sources des illustrations: Sites commerciaux pour les ouvrages suggérés, Impératif français, Wikipédia (Domaine public et PD-US)